samedi 25 octobre 2014

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Les promesses d’avenir des drones civils

Matthieu Maury, L’Usine Nouvelle

vendredi 19 juin 2009, sélectionné par Spyworld

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Si le marché reste étroit et la réglementation inadaptée, les projets de mini-drones civils et les clients potentiels foisonnent. Survol des applications envisagées.

Outre le SuperJet 100 de Sukhoi et la patrouille d’aéronefs anciens, l’édition 2009 du salon du Bourget a été marquée par la présence d’une abondante armada de drones. Les drones militaires bien sûr. Mais aussi les mini-drones à usage civil, moins gros, moins sophistiqués et... moins chers. Certes le marché demeure balbutiant et la réglementation trop contraignante, mais les technologies se rapprochent de la maturité et de plus de plus de clients potentiels se font connaître.

« Je rencontre beaucoup d’entreprises ou institutions intéressées par nos drones, mais elles ne savent pas réellement quoi en faire. La forte image d’innovation ne s’est pas encore concrétisée dans le business. On n’a pas franchi le cap de la R&D et de l’artisanat », analyse Luc Renouil, directeur du développement commercial Défense et sécurité chez Bertin Technologies (pionnier des drones en France), à Saint-Quentin-en-Yvelines. Du côté de Fly-n-Sense, à Mérignac, on affiche plus d’optimisme. Pour son président, Christophe Mazel, le marché évolue à vitesse grand V. « Les réticences de ces dernières années tendent à disparaître. Face à des demandes en croissance, de plus en plus de start-up émergent. Mais, c’est vrai qu’il y a une pédagogie à diffuser sur les missions, comme l’imagerie ou la surveillance, que les mini-drones accomplissent mieux que les moyens aériens pilotés et sur les applications que seuls ils peuvent réaliser. »

L’argumentaire est déjà bien ficelé. Le coût horaire (économique et environnemental) d’un drone reste bien inférieur à celui d’un appareil piloté (avion, hélicoptères, ULM...), en raison d’un poids insignifiant. Grâce à ses automatismes, l’opérateur n’a pas besoin d’être hautement qualifié (en pilotage ou en aérodynamique par exemple) et peut réaliser des missions plus précises et complexes. Enfin, un mini-drone n’a pas besoin de conditions de vol particulières, il résiste aux 3 D : Dull, Dirty and Dangerous, c’est-à-dire monotone, sale et dangereux. Seule limite, sa légèreté ne lui permet pas de voler en cas de vents trop puissants.

Une multitude d’applications civiles

Si le marché décolle à peine, les technologies ont beaucoup muri. La France, de même que l’Allemagne, l’Italie et le Royaume-Uni, commence à rattraper le retard accumulé sur les Américains et les Israéliens. Aile volante, voilure tournante ou souple, le 100 % automatique et la récupération des données en temps réel concernent la majorité des projets. La programmation du plan de vol n’empêche pas la modification des paramètres au cours de la mission. Une grande variété de systèmes (vidéo, radio...) et de capteurs (chimique, acoustique...) peuvent être embarqués. Ce qui démultiplie les possibilités d’application : surveillance de sites industriels (usine classée, centrale nucléaire, pipeline, gazoduc...), infrastructures de transport, protection civile (police et pompiers), environnement ou gestion de crise (accident naturel ou industriel). « Un drone, ce n’est finalement qu’un ordinateur volant, sur lequel on peut greffer de nombreuses applications », résume Christophe Mazel. En Alsace, la société Flying Robots a ajouté les missions humanitaires avec la modalité cargo de sa machine à voile souple (250 kg d’emport), pour livrer les zones enclavées notamment.

Reste à régler la question de la réglementation, qui en l’état actuel entrave le développement des usages, avec une demande obligatoire d’autorisation pour les vols hors-vue et des conditions strictes pour les vols à vue. Des discussions ont été entamées à l’échelle européenne pour introduire les drones dans le trafic aérien. L’avenir des mini-drones civils dépendra donc autant du volontarisme des utilisateurs que de l’initiative politique.


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