dimanche 17 décembre 2017

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« L’objectif de la France est de signer un contrat d’exportation du Rafale cette année »

Laurent Collet-Billion, Délégué Général pour l’Armement, Propos recueillis par Alain Ruello au Bourget, les Echos

vendredi 19 juin 2009, sélectionné par Spyworld

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Malgré la crise, la France maintient son objectif de prendre de 6,5 à 7 milliards d’euros de commandes d’armements à l’export cette année, explique aux « Echos » Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement au sein du ministère de la Défense. Autre objectif clef : signer un premier contrat d’exportation du Rafale, l’avion de Dassault pour le moment acheté uniquement par la France.

La crise va-t-elle vous amener à revoir à la baisse les objectifs de prise de commandes d’armement à l’export ?

Nous ne constatons aujourd’hui aucun ralentissement dans les prises de contact ou les négociations en cours. Tout se passe à peu près normalement et le nombre de délégations étrangères présentes au Bourget le prouve. Des pays avec qui nous discutons peuvent être touchés par la crise, mais certains disposent d’importantes ressources financières et sont situés dans des régions au contexte géopolitique compliqué. Nous maintenons donc notre objectif de 6,5 à 7 milliards d’euros de prise de commandes à l’export cette année.

Ce chiffre inclut-il un contrat pour le Rafale ?

Avoir un contrat signé en 2009 fait partie de notre objectif, même si une petite partie de son montant seulement est intégrée dans les chiffres de prise de commandes. Tout dépendra de sa mise en oeuvre [c’est-à-dire du paiement de l’acompte, NDLR]. Compte tenu du contrat des sous-marins brésiliens, si nous devions ajouter la totalité d’un contrat Rafale, on voit bien qu’on dépasserait de loin les 6,5 milliards d’euros visés pour cette année.

Les directeurs nationaux d’armement des sept pays clients de l’A400M étudient depuis lundi soir la proposition qu’EADS a remis à l’issue du moratoire de trois mois. Un consensus se dégage-t-il ?

Cela se met en place. Nous avons demandé à EADS quelques compléments d’information pour clarifier certains points. Tout ce que je peux dire de la proposition de l’industriel, c’est que les armées devraient toucher leurs premiers appareils en 2013, mais que 2014 sera la véritable année de livraison.

Les chantiers navals militaires DCNS et TKMS explorent des pistes de coopération. Peut-on espérer un premier accord-cadre d’ici à la fin de l’année ?

Du côté français, les choses sont stabilisées puisque DCNS a un nouveau président, Patrick Boissier, et que Thales va faire passer sa participation de 25 % à 35 %. Du côté allemand, ThyssenKrupp est ouvert à l’idée de faire quelque chose. Quoi et à quelle échéance ? Nous ne voulons pas imposer de calendrier. Mais le but reste le même : rationaliser l’outil industriel européen et le mettre en adéquation avec la demande étrangère. Et comme je le disais, si elle ne touche pas les exportations, la crise amène à considérer un certain nombre d’options pour coopérer.

Au-delà de la stabilisation du capital de Thales, qu’est-ce que la DGA peut attendre du rapprochement avec Dassault ?

A court terme, peu de changements. A plus long terme en revanche, le rapprochement est porteur de synergies, entre l’expertise de Thales pour tout ce qui touche à la maîtrise de l’information et celle de Dassault, je pense au logiciel de conception assistée par ordinateur Catia par exemple.

A l’inverse, deux des principaux fournisseurs des armées associés risquent d’être encore plus puissants commercialement. Craignez-vous de perdre des marges de manoeuvre pour négocier avec eux ?

Non, car j’ai grande confiance dans les capacités de négociation et l’expertise technique de la DGA.


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