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La CIA recrute ses nouveaux espions parmi les golden boys

Adèle Smith, le Figaro

vendredi 19 juin 2009, sélectionné par Spyworld

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Des centaines d’employés de Wall Street touchés par la crise financière ont répondu à l’annonce de l’Agence centrale de renseignement.

Servir les intérêts de l’État avant les siens ? Le réflexe n’est peut-être pas naturel à Wall Street, reconnaît la CIA, mais l’Agence centrale de renseignement, profitant de la crise, espère bien recruter cet été anciens financiers et économistes en mal d’action et de salaire stable.

Les candidats ont jusqu’au 22 juin pour envoyer lettre de motivation et curriculum vitae. « Économistes, financiers et entrepreneurs, si vous ne voulez pas vous contenter de juste l’essentiel, l’Agence centrale de renseignement a pour vous une mission comme vous n’en avez jamais connue », explique l’annonce diffusée récemment à la radio (écouter le clip diffusé par les radios). « Faites la différence pour votre carrière et pour votre patrie », poursuit la voix grave masculine. L’agence joue à fond sur le patriotisme renaissant et la contrition présumée des golden boys de la finance. « Habituellement, les gens qui sont intéressés par la CIA veulent servir le gouvernement, leur pays. Ce n’est peut-être pas la même chose que vouloir faire du profit », note une autre porte-parole de l’agence, Ron Patrick. Mais ceux qui sauront faire la différence devraient pouvoir très bien s’intégrer, selon lui.

Pour faire la distinction, rien de tel que le détecteur de mensonges par lequel tous les candidats devront passer, comme le veut la règle à la CIA. Poules mouillées s’abstenir, il faudra aussi se soumettre aux examens médicaux, psychologiques et mises à l’épreuve réputés pénibles de l’agence.

« Bagage solide sur la Chine »

De 60 000 à 100 000 dollars par an, et jusqu’à 160 000 pour les perles rares, les salaires ne sont pas mirobolants comparés à ceux de Wall Street, mais la CIA offre de nombreux avantages. En ces temps de crise - le secteur de la finance a perdu 30 000 emplois aux États-Unis rien qu’au mois de mai - beaucoup de professionnels du secteur cherchent de toute façon à se reconvertir.

Aventuriers de la finance s’imaginant déjà en 007, mieux vaut ne pas se faire d’illusions. Les futurs espions auront essentiellement pour mission de faire de l’analyse, explique l’annonce sur le site www.cia.gov. « Il y a un besoin particulier d’économistes avec un bagage solide sur la Chine, le Proche-Orient et l’Asie du Sud, ainsi que de spécialistes des systèmes bancaires internationaux, transactions, marchés, instruments financiers et de l’énergie », précise-t-elle.

Mais a en croire celle-ci, il y aura aussi des opportunités de voyages à l’étranger ainsi que la possibilité d’être posté dans « d’autres agences » que celle de Washington DC. Les futurs agents auront pour mission pas moins excitante d’évaluer des activités financières illégales de réseaux terroristes, groupes criminels et gouvernements étrangers, liés par exemple à des ventes d’armes de destruction massive, du blanchiment d’argent, etc. Les candidats qui lisent les journaux ces temps-ci auront compris l’intérêt de se mettre au coréen.

Seuls les nationaux américains sont acceptés, mais la CIA recrute beaucoup à l’étranger. Les entretiens, qui devraient avoir lieu dans un endroit secret à New York, démarreront dans le courant de l’été. Beaucoup de candidats avaient déjà été embauchés à Wall Street après le 11 septembre 2001.

Les affaires de prisons secrètes et de torture vont-elles freiner les ambitions des candidats ? Sûrement pas, assure la CIA, qui revendique jusqu’à 180 000 candidatures au total pour l’année 2009 pour l’ensemble de l’agence.


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