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EXCLUSIF 3.000 entreprises françaises victimes d’espionnage économique en trois ans

Pascal Junghans, La Tribune.fr

jeudi 25 juin 2009, sélectionné par Spyworld

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Selon une note de la DCRI, Direction centrale du renseignement intérieur, que s’est procuré latribune.fr, les attaques contre les entreprises sont d’abord financières. La comparaison avec un précédent document montre un accroissement du nombre des agressions.

Près de 3000 firmes françaises ont été victimes de très nombreuses "actions d’ingérences économiques", destinées à leur voler leurs secrets de fabrication, à déstabiliser leur direction ou à gêner le lancement de nouveaux produits. Très exactement, 2963 entreprises ou laboratoires ont été visés depuis janvier 2006 et jusqu’à fin 2008, selon une "note blanche" de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) que latribune.fr s’est procurée. Sollicité, le service de renseignement n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

Selon cette note, 71 % de ces entreprises emploient moins de 500 salariés, des PME qui négligent leur sécurité, ou ne disposent pas des moyens indispensables pour se protéger, à la différence des entreprises de plus grande taille. Cependant, ces dernières ne réussissent pas si bien que cela à empêcher les intrusions. Les firmes de plus de 500 salariés représentent tout de même 29 % des entreprises victimes.

Depuis janvier 2006, selon la DCRI, les 2963 entreprises visées ont été victimes de 4765 agressions. Ce qui signifie que nombre d’entre elles ont été victimes de plusieurs attaques au cours de la période. Omettant d’améliorer leur protection après une première effraction.

Le service de renseignement intérieur a détecté 3719 "auteurs, commanditaires, bénéficiaires ou complices identifiés" de 90 nationalités différentes. Ils mettent en oeuvre des "modes opératoires légaux dans l’immense majorité" des cas, note la DCRI. Parmi eux, figurent en première ligne les "risques financiers", qui représentent 33,51 % des attaques. Ils sont de nature très diverses, depuis le paiement trop tardif jusqu’à la prise de contrôle.

Les attaques par "visiteurs autorisés et intrusions consenties" représentent 16,95 % des attaques, suivis par les atteintes aux savoir-faire (11,8 %), les risques informatiques (10,72 %), les atteintes physiques sur sites (10,53 %), les désorganisations et fragilisations orchestrées (6,54 %), les atteintes à la réputation (5,26 %) et l’exploitation des vulnérabilités humaines (4,57 %).

Dans les dernières années, le nombre d’entreprises visées s’est accru, ainsi que le nombre de nationalités dont sont originaires les agresseurs. C’est ce que montre la comparaison de cette note avec une précédente portant sur le même sujet pour l’année 2006, que latribune.fr avait publiée le 15 décembre 2006. Ce document, rédigée par feu la Direction centrale des renseignements généraux, dont la DCRI est l’héritière, recensait 888 entreprises victimes pour la seule année 2006. Les agresseurs étant originaires de 34 nationalités. Un calcul simple montre que le nombre d’attaque s’est accru ainsi que le nombre d’entreprises visées. La comparaison entre ces deux études souligne donc un durcissement de la compétition économique et de la mondialisation.

  Note des RG sur 2006 Note de la DCRI sur la période 2006-2009 2007-2008 Moyenne annuelle sur 2007-2008 calculée par latribune.fr
nombre d’agressions 1578 4765 3187 1593
nombre d’entreprises visées 888 2963 2075 1037
nombre de secteurs visés 93 152    
nombre d’auteurs identifiés 368 3719    
nombre de nationalités 34 90    
taux d’attaques financières 35% 33,51%    

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