jeudi 24 avril 2014

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Obama veut détenir sans limite les présumés terroristes

Alain Barluet, le Figaro

lundi 29 juin 2009, sélectionné par Spyworld

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Un décret permettrait de surmonter les réticences du Congrès à la fermeture de Guantanamo.

Guantanamo, ou comment s’en débarrasser. Depuis sa promesse de fermer avant un an la prison hébergeant à Cuba les détenus de la « guerre contre le terrorisme », Barack Obama bute sur le casse-tête de sa mise en œuvre. Craignant de ne pouvoir trouver à temps un compromis avec le Congrès, sourcilleux sur les questions de sécurité, le chef de la Maison-Blanche souhaite emprunter la voie rapide en usant de son pouvoir discrétionnaire.

Barack Obama s’apprêterait à prendre un décret présidentiel autorisant la détention, sans limitation de durée, des prisonniers de Guantanamo considérés comme les plus dangereux sur le sol américain. Selon le Washington Post, par lequel a filtré samedi cette information, cette mesure pourrait entrer en vigueur dès le 1er octobre. Selon le Pentagone, la prison de Guantanamo compte encore 229 détenus originaires d’une trentaine de pays - après en avoir hébergé jusqu’à 800. Sur ce nombre, plus de la moitié est susceptible d’être jugée ou libérée. Mais un problème se pose pour 90 détenus qui, faute de preuves recevables, ne peuvent être jugés - tout en ne pouvant être libérés, car considérés comme dangereux. C’est le cas notamment d’Abd al-Rahim al-Nashiri, dont les Américains sont convaincus qu’il a participé à l’attentat contre l’USS Cole en 2000 mais dont les aveux, obtenus sous la torture, n’ont pu être pris en compte.

Des mois de pourparlers entre la Maison-Blanche et le Congrès n’ont pas permis d’avancer sur un nouveau système de détention pour les prisonniers de Guantanamo. De plus, une loi mal négociée avec les parlementaires pourrait « anéantir les projets de Barack Obama de fermer le camp en janvier prochain comme il l’a promis », s’inquiète un haut responsable américain dans les colonnes du Post.

L’opposition de l’opinion

Les enquêtes d’opinion indiquent qu’une majorité d’Américains ne veut pas mettre la clé sous la porte de Guantanamo. Nombre d’élus sont hostiles à l’accueil dans leur circonscription, au sein du système pénitentiaire américain, d’étrangers soupçonnés d’actes terroristes. En outre, la perspective de voir ce type de détenus accueillis hors des États-Unis est limitée.

Le mois dernier, le Sénat a refusé à Barack Obama les 80 millions de dollars qu’il réclamait pour la fermeture du centre. Ce texte interdit toute libération de détenu aux États-Unis jusqu’au 30 septembre. L’ex-président George Bush lui-même a donné de la voix, affirmant récemment qu’« il y a des gens à “Gitmo” qui tueraient des Américains sans hésiter ». Parallèlement, Barack Obama est confronté aux critiques des associations de défense des droits de l’homme qui l’accusent de marcher sur les brisées de son prédécesseur. De fait, le mois dernier, le président avait décidé de maintenir les tribunaux d’exception mis en place par George Bush pour juger certains détenus de Guantanamo.

L’entourage de Barack Obama précise que les prisonniers transférés sur le sol des États-Unis bénéficieront de plus de droits qu’à Guantanamo. Ils seront détenus dans des prisons militaires de haute sécurité et leur cas fera l’objet d’une révision annuelle. Les républicains du Sénat exigent des précisions avant de donner leur aval.


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