mardi 12 décembre 2017

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Les candidats se bousculent aux portes de la CIA

Daphné Benoît, France-Amerique.com

lundi 29 juin 2009, sélectionné par Spyworld

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Banquiers licenciés, étudiants inquiets du chômage, salariés avides de stabilité : dans une Amérique en pleine récession, la CIA attire un nombre record de candidats cette année, même si les places sont chères et les rémunérations nettement moins alléchantes que dans le privé.

"Depuis le début de l’année nous avons reçu 90.000 CV, et si nous restons à ce niveau nous atteindrons probablement les 180.000 candidatures (en 2009). Ce serait un record", explique à l’AFP Ron Patrick, un responsable du recrutement de la célèbre Agence de renseignement américaine.

Un afflux que la maison-mère de Langley, en Virginie, explique par une campagne agressive de recrutement, mais aussi par la crise qui frappe de plein fouet les Etats-Unis, où le chômage a atteint en mai son plus haut niveau depuis plus d’un quart de siècle, à 9,4%.

Au terme d’une récente campagne médiatique de recrutement à New York ciblant les analystes financiers mis au tapis par la débâcle des marchés, la CIA a reçu plusieurs centaines de candidatures, malgré la promesse de salaires sans comparaison avec les vertigineux émoluments de Wall Street.

"Les gens réalisent qu’ils vont gagner moins d’argent, sans doute moins de bonus, mais au bout du compte ils auront un emploi stable et ils serviront leur pays", fait valoir M. Patrick. Les rémunérations vont de 50.000 à 100.000 dollars par an, mais peuvent grimper en fonction de l’expérience et des talents. La CIA connaît également un certain succès auprès des étudiants, recrutés directement sur les campus universitaires.

Si l’on en croit le saut en flèche du nombre de CV amassés par la Mecque des services secrets américains, les candidats ne semblent pas rebutés par la vague de scandales qui ont récemment entaché sa réputation : écoutes téléphoniques illégales, prisons secrètes à l’étranger, pratique de la torture...De l’histoire ancienne, jure l’Agence, qui avoue néanmoins devoir faire un effort de pédagogie supplémentaire.

"Ces dernières années, les gens nous posent beaucoup plus de questions sur ce que l’on fait et nous demandent s’ils vont être obligés de faire ce qu’ils voient dans la presse", admet le recruteur.

Une fois son CV envoyé, l’aspirant-espion n’est pas au bout de ses peines. Pour entrer dans les services secrets, il est impératif d’être diplômé de l’enseignement supérieur comme de maîtriser deux, voire plusieurs langues, idéalement parlée dans des pays ou zones géographiques "sensibles". "Nous recherchons des personnes parlant l’arabe, mais aussi le chinois, le coréen, le pachtou et le farsi (persan)", souligne le site internet de la CIA.

Et mieux vaut ne rien avoir à cacher. Tout candidat fait l’objet d’une enquête approfondie, doit se soumettre au détecteur de mensonge et à un test de drogue. Un "must" quand on espère avoir accès à des informations "top secret".

Au terme de cette sélection drastique, seule une petite minorité finira par devenir un des quelque 20.000 employés de la CIA, et une poignée seulement rejoindra le club très fermé des espions opérant dans la clandestinité à l’étranger.

Le plus gros des troupes travaille dans des bureaux, à collecter et analyser des informations dont la substantifique moelle se retrouve chaque jour sur le bureau du président Barack Obama, sous forme de note ultra-confidentielle.


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