samedi 16 décembre 2017

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Décès de Shi Pei Pu, acteur d’un insolite affaire d’espionnage chinoise

AFP

mercredi 1er juillet 2009, sélectionné par Spyworld

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Shi Pei Pu, acteur d’une insolite affaire d’espionnage chinoise en France dans les années soixante, est mort mardi à l’âge de 70 ans à son domicile parisien, a-t-on appris mercredi dans son entourage.

Né le 21 décembre 1938 dans la province du Shandong (est de la Chine), cet artiste chinois avait été condamné pour espionnage en mai 1986 à six ans de prison par la cour d’assises spéciale de Paris.

Il avait été reconnu coupable, ainsi qu’un employé du Quai d’Orsay, Bernard Boursicot, également condamné à six ans de détention, d’avoir transmis une trentaine de documents diplomatiques français à la Chine populaire de 1977 à 1979.

Bernard Boursicot était alors comptable et dactylographe à l’ambassade de France à Oulan Bator (Mongolie Extérieure).

Ce dossier d’espionnage avait été présenté comme la première affaire d’espionnage de la Chine populaire visant la France. Dans son ouvrage paru en février 2008 sur "Les services secrets chinois de Mao au JO" (éditions du Nouveau Monde) Roger Faligot a consacré une vingtaine de pages à cette affaire rocambolesque sous le titre "La belle de Pékin".

L’affaire avait été transposée au cinéma en 1994 par le cinéaste David Cronenberg dans le film "M. Butterfly" avec Jeremy Irons dans le rôle de Bernard Boursicot.

La première rencontre entre Bernard Boursicot, fils d’une couturière et d’un comptable breton, avec Shi Pei Pu, artiste lyrique chinois, issu d’une famille aristocratique, parlant parfaitement le français, remonte à Noël 1964 à Pékin où Bernard Boursicot est comptable à l’ambassade de France. Ils ont alors respectivement 20 et 26 ans.

Pendant 20 ans, l’employé du Quai d’Orsay va croire que Shi Pei Pu est une femme, va l’aimer, le rejoindre chaque fois qu’il le pourra dans ses différents postes. Et il le croira aussi, quand Shi Pei Pu lui annonce en 1965 qu’un garçon est né de leur relation.

Bernard Boursicot ne découvrira la réalité qu’en 1983 après l’arrestation des deux hommes à Paris. Le Français est alors inculpé "d’intelligence avec des agents d’une puissance étrangère". Il comprendra aussi qu’il a été manipulé par Shi Pei Pu et les services chinois pendant de longues années.

Au cours de années précédentes, l’employé du Quai d’Orsay avait en effet livré aux Chinois des dizaines de documents, essentiellement des dépêches d’agence, des articles de presse et des rapports écrits par son ambassadeur : "La politique extérieure de la Mongolie, dans le cadre de l’antagonisme sino-soviétique" ou "les difficultés rencontrées par les USA pour implanter une ambassade à Oulan Bator".

Lors du procès, Bernard Boursicot, assure qu’il a trahi par amour pour Shi Pei Pu, pour pouvoir poursuivre sa relation avec lui, une relation menacée par les interdits qui pèsent alors en Chine sur les relations entre Chinois et étrangers, mais aussi pour préserver l’avenir de "leur" fils.

Shi Pei Pu fut gracié en avril 1987 par le président François Mitterrand. Il vivait depuis à Paris.


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