mercredi 18 octobre 2017

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La France réajuste son dispositif en Afghanistan

Isabelle Lasserre, le Figaro

jeudi 2 juillet 2009, sélectionné par Spyworld

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La réorganisation des troupes déployées sur le terrain ne prévoit pas une augmentation des effectifs.

La France se prépare à modifier dès l’automne son dispositif militaire en Afghanistan. Le chef d’état-major des armées, Jean-Louis Georgelin, l’a annoncé cette semaine à l’occasion d’un déjeuner organisé par l’Association des journalistes de défense. La réorganisation, qui doit encore recevoir l’aval de Nicolas Sarkozy, consiste à placer les effectifs français de la vallée de Surobi, à 70 kilomètres de Kaboul, et ceux de la province de Kapisa, à l’est, sous les ordres d’un général français dans une « task force » (unité opérationnelle) unique.

Le général Georgelin aimerait aussi gonfler ces deux bataillons français en leur adjoignant une troisième compagnie (150 hommes environ). Quitte, pour cela, à diminuer les effectifs de la composante navale française d’Enduring Freedom, déployée dans l’océan Indien. Ce redéploiement nécessitera la création d’une nouvelle base, en construction aujourd’hui à Naghlu.

Presque un an après l’embuscade qui avait coûté la vie à dix soldats français en Afghanistan le 18 août dernier, l’armée française a tiré les leçons de la tragédie d’Uzbeen. Elle s’adapte aussi à la nouvelle stratégie américaine de contre-insurrection. « Le discours alarmiste et paupérisant de l’après-Uzbeen est fini. Le retour de l’armée française dans la guerre s’est bien passé », se félicite le chef d’état-major des armées françaises. Depuis, les moyens de renseignement, notamment les systèmes d’écoute et les drones, ont été augmentés.

Paris va aussi envoyer cet été huit canons Caesar de 155 mm et trois Tigres, des hélicoptères de combat ultramodernes, pour renforcer les capacités militaires de ses troupes.

Pas de forces spéciales

L’exercice comporte cependant ses limites. Avec 2 800 soldats engagés sur le sol afghan, la France compte pour à peine 6 % des effectifs militaires étrangers. Les Américains, qui sont en train de renforcer considérablement leur présence, en fourniront bientôt 60 %. Il est donc logique, commente le chef d’état-major français « qu’ils décident de la conduite des opérations militaires ». C’est une complainte qui revient régulièrement dans la bouche des responsables politiques et militaires outre-Atlantique : le commandant des forces américaines en Europe, le général John Craddock, a critiqué cette semaine, dans une interview accordée à un quotidien allemand, le faible niveau d’engagement des pays européens en Afghanistan.

Alors que l’US Army renforce également ses forces spéciales, les mieux à même, selon elle, de combattre dans les guerres irrégulières et d’optimiser les techniques de contre-insurrection, la France ne prévoit pas de renvoyer ses unités d’élite, dont les prestations avaient pourtant, dit-on à l’état-major, été appréciées des Américains, entre 2003 et 2006. Estimant qu’elles y faisaient surtout des « missions d’infanterie », le général Georgelin s’était toujours prononcé contre leur retour en Afghanistan. Aujourd’hui, il reconnaît qu’envoyer un détachement de forces spéciales pour épauler le dispositif français en Kapisa et à Surobi serait « un plus en matière de renseignement ». Mais la question d’une augmentation des troupes a été écartée par l’Élysée. « Ce n’est pas l’objet pour le moment. Il me faut donc faire des choix », explique le chef d’état-major.


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