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La Corée du Nord illustre ses capacités de riposte en procédant à des tirs d’essai de sept missiles

Philippe Pons, le Monde

lundi 6 juillet 2009, sélectionné par Spyworld

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La volée de tirs d’essai de sept missiles, samedi 4 juillet, par la Corée du Nord a fait monter une nouvelle fois d’un cran la tension dans la péninsule. En violation des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies interdisant à la République populaire démocratique de Corée (RPDC) tout essai nucléaire ou lancement de missiles balistiques, ces tirs ont été condamnés par la Corée du Sud, le Japon qui les a qualifiés de "grave provocation", et par Washington, qui a appelé le régime de Pyongyang à "ne pas aggraver la tension". La Chine et la Russie ont enjoint les parties concernées à "faire preuve de retenue".

Les missiles ont été lancés d’une base militaire de la côte orientale, à proximité du port de Wonsan. Les trois premiers engins semblent être des Rodong-1, dont la portée (1 300 kilomètres) avait été réduite, et les quatre autres des Scud-C (500 kilomètres). Ils sont tombés dans la mer du Japon (mer de l’Est pour Séoul). Pyongyang avait averti qu’il procéderait à des exercices militaires entre le 29 juin et le 10 juillet et que cette zone maritime devait être dégagée de tout navire.

Cette salve de missiles a une visée politique, estiment les analystes : le 4 juillet est le jour de la fête de l’Indépendance américaine et l’anniversaire du premier communiqué commun de 1972 par lequel les deux Corées s’engageaient à oeuvrer en vue d’une réunification pacifique de la péninsule. Ils sont interprétés comme un message politique de défiance - et une démonstration des capacités de riposte - de la RPDC à la suite des sanctions décidées le 12 juin par le Conseil de sécurité des Nations unies, condamnant son second essai nucléaire du 25 mai. La RPDC avait tiré quatre missiles à courte portée (120 kilomètres), le 2 juillet.

Parmi les sanctions décidées par le Conseil de sécurité figure l’inspection en haute mer des navires nord-coréens soupçonnés de transporter des armements. Le régime de Pyongyang a annoncé que toute interception de ses navires serait considérée comme "un acte de guerre" relevant d’une "tentative de blocus" de la RPDC.

"SOUPÇONS RAISONNABLES"

Le changement inopiné de cap, la semaine dernière, d’un cargo nord-coréen, le Kang Nam, qui avait été placé sous la surveillance d’unités de la marine américaine en mer de Chine, est la première application de ces mesures. Le Kang Nam, qui faisait apparemment route vers la Birmanie, devait faire escale à Singapour pour se réapprovisionner en carburant.

L’annonce par les autorités locales qu’elles prendraient les "mesures appropriées" - en d’autres termes, inspecter la cargaison - semble avoir incité le Kang Nam à faire demi-tour. Celui-ci est soupçonné par les services de renseignement américains et sud-coréens de transporter des armes conventionnelles ainsi que de pièces de missiles.

Le Conseil de sécurité a demandé aux Etats membres des Nations unies d’inspecter les navires nord-coréens s’il existe des "soupçons raisonnables" de transport de matériels militaires. Ces inspections ne peuvent se faire qu’en accord avec le pays dont le bateau bat pavillon - non par la force. En cas de refus, le seul recours consiste à porter l’affaire devant le Conseil de sécurité.

Il est en outre demandé aux Etats membres de l’ONU de ne pas réapprovisionner en carburant ou en vivres un navire suspect, à moins que son commandant accepte l’inspection de la cargaison. Si la participation effective de la Chine et de la Russie à ces inspections visant à enrayer les exportations d’armes par la RPDC - une importante source de devises du régime - reste problématique, la simple surveillance du Kang Nam par la marine américaine semble avoir été dissuasive.


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