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Des accusations de torture ressurgissent contre les services secrets britanniques

Le Monde

mardi 7 juillet 2009, sélectionné par Spyworld

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Les services secrets britaniques sont une nouvelle fois secoués par une affaire de torture. Un citoyen britannique, condamné pour terrorisme, assure qu’un agent des services secrets lui a offert d’abandonner ses accusations pour torture en échange d’une somme d’argent ou d’une réduction de peine.

Rangzieb Ahmed, 33 ans, a été condamné en décembre 2008 à une peine de prison d’un minimum de dix ans pour des actes de terrorisme. Durant son procès, il accusait les services secrets britanniques d’être responsables d’actes de torture qu’il aurait subis durant une première incarcération au Pakistan. Il affirme en effet avoir été interrogé et torturé par les services pakistanais, à la demande et en présence d’agents du MI5, avant son extradition en Grande-Bretagne.

"SI VOUS VOULEZ DE L’ARGENT, NOUS POUVONS VOUS EN DONNER".

Selon ses accusations, rapportées par le journal The Guardian, un agent des services secrets britanniques et un officier de police lui auraient rendu visite dans sa prison de Rochdale pour lui proposer un marché : "Ils ont dit qu’ils voulaient mon avis sur la lutte contre l’extrémisme et qu’ils pouvaient me proposer une protection en échange de mon aide." Les agents lui auraient ensuite proposé de retirer ses accusations. Rangzieb Ahmed rapporte au journal les propos qu’il lui aurait tenus : "Si vous retirez ce que vous dites à propos de la torture, nous pouvons passer un marché ensemble pour réduire votre peine, ou si vous voulez de l’argent, nous pouvons vous en donner".

Les autorités britanniques ont formellement réfuté les accusations de Rangzieb Ahmed, mais l’affaire intervient en pleine polémique sur la rôle joué par les services secrets britanniques dans plusieurs affaires de torture.

En mars dernier, The Guardian rapportait les accusations portées par un Britannique âgé de 26 ans, Azhar Khan, arrêté en Egypte en juillet 2008. Selon son avocat, cinq jours durant, il aurait été interrogé et torturé dans les geôles égyptiennes à la demande des services secrets britanniques. Ces derniers le soupçonnaient d’avoir participé à des activités terroristes sur le territoire britannique. Un mois auparavant, c’était Benyam Mohammed, un ancien détenu de Guantanamo, qui déclarait avoir été torturé au Pakistan et au Maroc à la demande du MI5.

En mars dernier, un rapport de l’ONU, sur les violations aux droits de l’homme perpétrées par certains Etats, visait en particulier la Grande-Bretagne. Martin Scheinin, rapporteur spécial des Nations unies sur les droits de l’homme, rappelait alors que "la participation active d’un État, par l’envoi d’interrogatoires ou de questions, ou même par la simple présence de personnel de l’intelligence lors d’un entretien avec une personne qui se tient dans des lieux où elle est torturée ou soumise à d’autres traitements inhumains, peut raisonnablement être comprise comme implicitement la torture".


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