mardi 12 décembre 2017

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Le Tigre affûte ses griffes avant de partir combattre en Afghanistan

Hervé Asquin, AFP

dimanche 12 juillet 2009, sélectionné par Spyworld

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"Nous sommes prêts" : comme ses hommes, le patron du 5e régiment d’hélicoptères de combat (5e RHC) de Pau, le colonel Gilles Darricau, met la dernière main au déploiement du Tigre en Afghanistan, prévu cet été.

Ce sera la toute première mission de cet appareil sur un "théâtre d’opérations extérieures".

Trois Tigre qui sentent encore le neuf iront renforcer, sans doute à Kaboul, les six autres hélicoptères français qui s’y trouvent déjà : trois Caracal de transport et trois Gazelle Viviane, spécialisées dans le renseignement. Le ministre de la Défense Hervé Morin l’avait annoncé début juin.

La France renforcera ainsi son arsenal militaire en Afghanistan où l’Otan ne cesse de réclamer davantage d’hélicoptères, une denrée aussi rare qu’indispensable.

Plus que d’un simple renfort, il s’agit d’une "vraie révolution en termes de puissance de feu, de capacités de renseignement, de polyvalence, de protection et de communication", souligne le colonel Darricau.

Le Tigre est à la Gazelle ce que le Rafale est au Super Etendard, un appareil du 21e siècle face à une technologie vieillissante des années 70.

Dans le ciel afghan, ce couteau suisse volant remplira de nombreuses missions, de jour comme de nuit : "appui feu" des troupes engagées au sol au contact des insurgés, escorte aérienne ou de convois blindés, ouverture d’itinéraires, "extraction" d’équipages abattus, renseignement, "contrôle de zone"...

Pour cela, le Tigre dispose de deux armes redoutables : un canon de 30mm placé sous le nez de l’appareil et deux "paniers" de 22 roquettes chacun.

Depuis six mois, équipages et mécaniciens s’entraînent dur en vue d’un déploiement qui s’annonce d’autant plus exigeant que l’hélicoptère entamera sa carrière combattante sur un véritable champ de bataille, dans la chaleur étouffante de l’été afghan et en altitude.

"Nous avons tout testé, dans toutes les situations, par temps froid ou chaud, multiplié les entraînements avec les troupes qui partiront là-bas ou en reviennent, analysé les retours d’expérience sur les drones, les chasseurs ou l’artillerie", explique le commandant des pilotes de Tigre du 5e RHC, le capitaine C. (l’anonymat est requis pour des raisons de sécurité, NDLR).

"Chaque pilote a tiré à l’entraînement un nombre conséquent d’obus de 30 et de roquettes", ajoute-t-il, et tous se sont préparés aussi à combattre à terre si leur appareil devait être abattu ou victime d’une panne mécanique.

"Le meilleur pilote d’hélico, même sur la meilleure machine du monde, est un combattant comme les autres quand il est au sol", souligne le jeune capitaine.

Les spécialistes de l’armée de terre ont passé au crible l’expérience, parfois tragique, des pilotes d’hélicoptères de combat américains ou britanniques en Irak.

Le colonel Darricau "s’attend à ce qui s’est déjà produit : des hélicoptères français ont essuyé des tirs de talibans" à l’arme légère. "Oui, le théâtre afghan est dangereux mais la France a mesuré ces risques", ajoute-t-il sobrement.

Tout a été envisagé, y compris "les situations les plus invraisemblables", confie un pilote, comme "l’extraction" par un Tigre de l’équipage d’un appareil abattu en territoire hostile.

A l’air libre et sous le vent du rotor, les fugitifs devraient se réfugier sur les petites "ailes" du Tigre, assurés par des mousquetons... "Les anglais ont déjà joué ce scénario dans la réalité", explique le pilote.


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