lundi 11 décembre 2017

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Rochefort et Pau, bases pilotes en 2010

Pierre Tillinac, Sudouest.com

mardi 14 juillet 2009, sélectionné par Spyworld

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La réforme annoncée l’été dernier subit quelques aménagements. Les bases de défense auront un périmètre plus large que prévu. Et elles seront moins nombreuses

Drame de Carcassonne, nouvelle carte militaire, réductions d’effectifs...l’an dernier, le 14 Juillet s’était déroulé dans un climat un peu tendu entre les militaires et le gouvernement. Un an plus tard, les relations semblent plus apaisées et la réforme préparée par Hervé Morin se met en place comme prévu. Ou presque. Le point avec le général Clément-Bollée, commandant de la Région terre Sud-Ouest et officier général de la zone de défense Sud-Ouest. Il a compétence sur quatre régions administratives : Aquitaine, Poitou-Charentes, Midi-Pyrénées et Limousin.

« Sud Ouest ». L’état-major de la 2e brigade logistique de Souge a été récemment dissous. Dans la région, c’était la première concrétisation du plan Morin annoncé l’an dernier. Le programme sera-t-il tenu ?

Général Bruno Clément-Bollée. Cette dissolution est effectivement la première et, comme prévu, ce sera la seule pour cette année.

Quel est le calendrier pour les autres mouvements ?

Juillet 2011, le 503e régiment du train quittera l’agglomération bordelaise (Martignas-sur-Jalle) pour aller à Nîmes. En août, le seul régiment parachutiste qui manquait à la région le remplacera. Il s’agit du 13e régiment de dragons actuellement à Dieuze. Le régiment du train de La Rochelle partira à Toulon en 2011 également. La fermeture de Bergerac reste prévue pour la fin de la période de restructuration, en 2014.

La base de défense va désormais structurer la carte militaire française. Le système va-t-il être testé dans la région ?

Je rappelle que ces bases de défense visent à mutualiser tout ce qui touche au soutien commun et à l’administration générale. Entre 2009 et 2014, nous devons avoir économisé 54 000 postes au niveau du ministère. La réforme a commencé le 1er janvier de cette année avec la mise en place de 11 bases de défense, dites expérimentales. Il n’y en avait aucune dans la région. Aujourd’hui, nous sommes chargés de préparer deux bases pilotes qui entreront en service le 1er janvier 2010 à Rochefort et à Pau. Cinq autres sont programmées en France. Á partir du 1er janvier 2011, ce sont toutes les bases de défense qui monteront en puissance.

A-t-on déjà tiré quelques enseignements des six premiers mois d’expérimentation ?

L’idée de départ était de créer 90 bases de défense en France. Nous nous sommes rendu compte que le périmètre prévu était trop petit et qu’il faudrait procéder à de nouveaux regroupements si nous voulions vraiment gagner des effectifs, un des buts majeurs de la réforme. Le nombre de bases de défense ne devrait donc pas dépasser 70.

Quel impact sur les deux bases pilotes de la région ?

Il était initialement prévu de créer une base de défense à Rochefort et une autre à Cognac. Les deux vont finalement être regroupées en une seule. Rochefort, qui devient base de défense pilote, englobera en plus Saintes et même le service des retraites de La Rochelle.

La base pilote de Pau regroupera toutes les unités de la ville et elle absorbera en plus les unités de Dax, dont l’École de l’aviation légère de l’armée de terre, pour constituer un ensemble de 4 000 militaires dans un périmètre assez large.

Il faut maintenant raisonner systématiquement en interarmées ?

Plutôt au niveau ministériel en intégrant les trois armées, la Délégation générale pour l’armement (DGA) et le Secrétariat général pour l’administration (SGA).

L’échelon que je représente aujourd’hui pour l’armée de terre est appelé à disparaître. Il sera remplacé par une autorité intermédiaire de défense avant 2011. Elle sera chargée de coordonner sur les quatre régions administratives du Grand Sud-Ouest toutes les bases de défense, elles-mêmes comprenant des entités terre, air, mer, DGA ou SGA. Il devrait y en avoir encore 12 et 14 dans la région.

Deux bases de défense étaient prévues sur Bordeaux. Une à Agen. Est-ce toujours d’actualité ?

Oui pour Bordeaux, mais on pourrait très bien décider de n’en faire qu’une seule si l’expérimentation nous prouve que c’est la bonne solution. Le régiment de transmissions d’Agen devait quant à lui constituer une base de défense à lui tout seul. Il pourrait être rattaché à Montauban.

Les régiments de la région sont très présents sur les théâtres extérieurs ?

La Région terre Sud-Ouest a beaucoup donné tout au long de l’année et dans tous les théâtres. Notamment en Afghanistan et surtout avec le 8e RPIMa de Castres qui défile aujourd’hui à Paris.

Les régiments de Tarbes, Pau, Angoulême, des éléments du bataillon de Bordeaux, pour ne citer que ceux-là, sont eux aussi intervenus un peu partout : Liban, Tchad, Côte d’Ivoire, Kosovo. En permanence, il y a sur les différents théâtres extérieurs environ 2 000 hommes et femmes de la Région Sud-Ouest.

Quels sont les unités et les matériels de l’armée de terre présents en Afghanistan ?

En ce moment, il y a des détachements du 1er régiment de hussards parachutistes, du 35e régiment d’artillerie parachutiste, du 48e régiment de transmissions d’Agen. Plusieurs autres régiments sont aussi sur le terrain, mais avec des petits détachements.

Le 5e RHC de Pau vient de recevoir les premiers exemplaires du Tigre, le nouvel hélicoptère de l’armée de terre. Il va envoyer trois appareils en Afghanistan. Ce nouvel hélicoptère interviendra pour la première fois sur un théâtre extérieur.

Quels régiments défilent à Paris ?

Ce défilé permet de mettre en valeur les troupes engagées dans l’année dans des opérations extérieures majeures. Le 8e RPIMa de Castres, l’État-major de la 11e brigade parachutiste basé près de Toulouse, le 1er RPIMa de Bayonne, le 1er RHP de Tarbes et le 1er régiment de chasseurs parachutistes de Pamiers seront sur les Champs-Élysées. D’autres défilent pour avoir en plus été engagés après la tempête, comme le 31 e RG de Castelsarrasin.

Six mois après la tempête, quel est le bilan de votre intervention ?

L’opération de service public menée dans la région après la tempête a été considérée comme « modèle » en termes de coordination entre tous les acteurs. Comme quoi nous avons raison de nous entraîner et de multiplier les contacts entre tous les services de l’État. Le jour où une crise survient, nous nous connaissons bien et nous sommes plus efficaces plus rapidement. C’est l’une des leçons qu’il faut retenir.

Les nouveautés du défilé du 14 Juillet

Le traditionnel défilé sur les Champs-Élysées a lieu ce matin. Il est diffusé sur TF1 et France 2 entre 8 h 45 et 13 heures. Les unités françaises de retour d’opérations extérieures y sont mises à l’honneur, tout comme celles qui ont participé à des interventions de secours sur le territoire national. Certains matériels militaires défileront pour la première fois : le véhicule blindé de combat d’infanterie Nexter, actuellement en expérimentation ; le nouveau canon Caesar, dont huit unités doivent être déployées sur le territoire afghan. Pour la première fois, un secrétaire général de l’Alliance atlantique assistera au défilé depuis le départ de la France du commandement intégré en 1967. La France a officiellement repris sa place dans ce commandement de l’Otan cette année.

Autre innovation : l’armée indienne (400 hommes), sera invitée d’honneur et ouvrira la parade militaire, qui se déroulera comme tous les ans sur terre et dans les airs. Elle s’achèvera avec des parachutistes sautant sur la capitale.

La garden party de l’Élysée sera placée sous le signe des économies avec 5 000 invités, un nombre en recul d’un tiers par rapport à 2008. Il est vrai que la dernière édition a été épinglée dans un rapport controversé. Selon le socialiste René Dosière, la réception a coûté 475 000 euros pour 7 050 invités (contre 5 500 en 2007), soit une hausse de 13,4 %.

Johnny Hallyday donnera en soirée au Champ-de-Mars un grand concert gratuit, financé par le ministère de la Culture. Selon certaines informations, non démenties par le ministère, le coût final de l’opération pourrait s’élever à 1,9 million d’euros.

Le programme officiel de la fête nationale prendra fin avec un feu d’artifice marquant le 120e anniversaire de la tour Eiffel. 15 000 fusées seront tirées pour « un voyage à travers le siècle et un hommage à Gustave Eiffel ».

3 490 policiers seront à pied d’oeuvre (10 000 policiers et gendarmes au total en France) pour le défilé et 2 130 pour la soirée où entre 600 000 et 800 000 spectateurs sont attendus.


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