mardi 12 décembre 2017

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La Deutsche Bank fait face à des accusations d’espionnage

Cécile Calla, le Monde

mercredi 22 juillet 2009, sélectionné par Spyworld

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Après les entreprises Deutsche Telekom, Deutsche Bahn et Airbus Allemagne, c’est au tour de la première banque privée allemande, la Deutsche Bank, d’être accusée d’espionner ses salariés. Lundi 20 juillet, le parquet de Francfort a confirmé qu’il était saisi de ce dossier et qu’il pourrait procéder à l’ouverture d’une enquête. L’Autorité de surveillance des marchés financiers (Bafin) mène aussi une enquête. La Deutsche Bank, qui avait traversé la crise sans grande difficulté, avait reconnu, fin mai, des pratiques illégales en matière de protection des données.

Selon le quotidien économique Handelsblatt, la justice s’intéresse particulièrement aux cas de Hermann-Josef Lamberti, membre de la direction de la banque, et de l’actionnaire critique Michael Bohndorf, tous deux apparemment victimes d’espionnage. Un ancien membre du conseil de surveillance, Gerald Herrmann, a fait l’objet de mesures similaires en 2001. Ce représentant syndical, qui a entre-temps quitté ses fonctions, avait été soupçonné de divulguer des informations financières sur l’entreprise. La banque n’a jusqu’ici confirmé que ce cas.

Les enquêteurs devront également préciser le rôle joué par Clemens Börsig, actuel président du conseil de surveillance et ancien directeur financier de Deutsche Bank jusqu’en 2006. A la suite d’une assemblée générale houleuse en 2006, selon le magazine Der Spiegel, il s’était adressé à Wolfram Schmitt, chef des relations avec les investisseurs, pour obtenir des renseignements supplémentaires sur l’actionnaire.

Lors de la révélation de l’affaire, Josef Ackermann, le patron de la banque, a lancé une enquête interne. La banque s’est séparée de deux responsables : le directeur des services de sécurité, Rafael Schenz, et le directeur des relations avec les investisseurs, Wolfram Schmitt.

Cette affaire d’espionnage s’ajoute à une longue liste de scandales similaires ayant récemment frappé plusieurs grandes entreprises allemandes. Le phénomène est d’autant plus surprenant que la protection des données privées est un sujet très sensible outre-Rhin.

Début avril, Airbus Allemagne avait reconnu avoir espionné ses salariés en comparant leurs numéros de compte avec ceux de fournisseurs du groupe - dans un souci de lutte contre la corruption. Presque au même moment, le patron de Deutsche Bahn, Hartmut Mehdorn, avait dû démissionner après la révélation d’un système de surveillance à grande échelle de ses salariés. La société des chemins de fer allemands avait consulté secrètement les données privées de près des trois quarts de ses 237 000 employés entre 2002 et 2005.

Un an plus tôt, en juin 2008, Deutsche Telekom avait annoncé avoir contrôlé (sans en écouter le contenu) les communications téléphoniques de membres de son conseil de surveillance et de journalistes entre 2005 et 2006. En avril 2008, c’est le hard-discounter Lidl qui annonçait avoir filmé ses employés à leur insu, grâce à des caméras miniatures.


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