mardi 17 octobre 2017

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Sommet Euromed : accord sur un "code de conduite" contre le terrorisme

Le Monde, avec AFP et Reuters

lundi 28 novembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Les trente-cinq partenaires de l’Euromed se sont mis d’accord, lundi 28 novembre, sur un code de conduite antiterroriste et un programme de travail sur cinq ans, auxquels s’ajoute une déclaration de la présidence, a annoncé le premier ministre britannique Tony Blair.

L’UE et ses dix partenaires méditerranéens se sont mis d’accord sur un code de conduite contre le terrorisme, affirmant que "le terrorisme ne peut jamais être justifié" et sur un "programme de travail" sur cinq ans, incluant notamment la question de la régulation de l’immigration, a précisé M. Blair qui assure la présidence tournante de l’UE et co-présidait le sommet avec l’Espagne. La déclaration des présidents affirme leur "engagement envers un règlement juste et équitabe le su conflit" israélo-palestinien et pour l’établissement de "deux Etats, Israël et la Palestine", a dit M. Blair.

Les 35 n’ont pas pu, en revanche, s’accorder sur une déclaration finale commune comportant des références au terrorisme et au conflit israélo-palestinien qui puisse satisfaire à la fois Israël et les pays arabes. La veille, les délégations s’étaient mises d’accord pour retirer du code de conduite antiterroriste la référence aux frontières israéliennes de 1967 et du "droit à la résistance" réclamée par les leaders arabes, et de le laisser pour la déclaration.

Ce transfert a permis l’adoption du code de conduite anti-terroriste, mais le problème est demeuré insoluble au niveau de la déclaration commune. Un incident technique a donné la mesure des difficultés. Le micro du chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, est resté ouvert par erreur en début de séance, diffusant un échange révélateur avec son assesseur Carles Casajuana."Cela ne va pas très bien sur les textes, on est en train d’essayer de conclure quelque chose", a commencé M. Zapatero. "Il faut conclure, à n’importe quel prix !", a répondu M. Casajuana, ajoutant d’un ton pressant : "Je dois te demander de faire une démarche auprès de Tony Blair, ils sont sur le point de jeter l’éponge." Evoquant le blocage sur le terrorisme, M. Casajuana a ajouté : "Ce qu’il y a, c’est que les Israéliens sont intraitables, que ça fait six mois qu’ils n’acceptent pas le texte, et les autres sont bien tranquilles parce qu’ils disent que c’est la faute d’Israël."

PLAN D’ACTION SUR CINQ ANS

Auparavant, les participants avaient réussi à se mettre d’accord sur l’un des trois documents préparés, un plan d’action à cinq ans qui concerne notamment la régulation de l’immigration clandestine, un défi commun pour toute la région que les Espagnols souhaitent voir aborder tant sous l’angle du contrôle des frontières que de l’aide au développement des pays d’émigration.

En marge du sommet, un fonds de capital-risque, doté de 45 millions d’euros et destiné à promouvoir les investissements dans les entreprises du Maghreb, a été créé, lundi. Un accord en ce sens a été signé par le gouvernement de Catalogne (Generalitat), l’Institut de crédit officiel (ICO) espagnol et la Banque européenne d’investissement (BEI), ont annoncé lundi les promoteurs de cette initiative.

Il s’agit d’un des "résultats collatéraux les plus importants" du sommet Euromed, ont souligné, lors de la signature de l’accord, le ministre des affaires étrangères espagnol, Miguel Angel Moratinos, et le président de la Generalitat, Pasqual Maragall.

L’objectif est de favoriser les investissements privés dans des entreprises d’Algérie, du Maroc et de Tunisie. A terme, entre 60 millions et 100 millions d’euros pourraient être apportés au total à ce fonds avec l’arrivée d’autres partenaires espagnols.

M. Chirac : la Méditerranée doit être "une priorité stratégique" pour l’UE

Jacques Chirac a affirmé, lundi 28 novembre, lors du sommet Euromed à Barcelone que les pays du sud de la Méditerranée devaient "demeurer une priorité stratégique pour l’Europe".

Pour le président français, il faut non seulement "maintenir les engagements financiers de l’Union, c’est-à-dire ne pas consacrer moins des deux tiers des ressources du nouvel instrument de voisinage à la coopération méditerranéenne, mais aussi (...) mobiliser des moyens supplémentaires, en particulier pour la coopération sur les migrations", a-t-il ajouté.

Les pays du sud de la Méditerranée craignent que la manne financière de l’UE ne se détourne au profit des nouveaux voisins à l’est de l’Europe. L’UE a accordé à ses dix partenaires du Sud, 5,5 milliards d’euros de dons de 2000 à 2006, et 6,4 milliards d’euros de prêts sur la période 2000-2007.

M. Chirac estime que, "à terme, s’imposera une Banque de développement dédiée à la Méditerranée" qui pourrait, dans un premier temps, prendre la forme d’une filiale de la Banque européenne d’investissement.


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