dimanche 22 octobre 2017

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Programme Scorpion : la compétition est lancée

Jean Guisnel, Le Point.fr

vendredi 31 juillet 2009, sélectionné par Spyworld

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Le programme Scorpion de l’armée de terre est entré, vendredi 31 juillet, dans une phase décisive. Les industriels désirant concourir pour cette compétition qui débouchera sur une dizaine de milliards d’euros de contrats sur les dix prochaines années ont rendu, à 15 heures, leur réponse à l’appel à candidatures publié le 4 juillet par la DGA (Délégation générale pour l’armement) au Bulletin officiel des annonces des marchés publics . Au maximum, cinq industriels seront retenus et connus d’ici la fin de l’année, qui seront alors autorisés à consulter l’appel d’offres.

Nous évoquions l’an dernier la présence de deux mastodontes parmi les candidats : Thales et EADS Defense & Security. Aucune de ces entreprises n’a communiqué sur ses intentions réelles, même si un changement d’alliance assez brutal s’est produit : le constructeur de blindés Nexter a quitté le consortium monté par EADS pour rejoindre celui de Thalès. Pas vraiment une surprise, quand on se souvient que l’ancien pdg de Nexter, Luc Vigneron, vient de prendre les commandes de Thales. Il n’est pas impossible, notent certains observateurs, que Thales puisse être désormais tenté de constituer un pôle armement terrestre national, avec Nexter, aujourd’hui amaigri et remis en état de marche par le même Vigneron. Dans ce cas, les dix milliards du contrat Scorpion feraient un beau cadeau pour la noce. Mais on n’en est pas là...

Le contrat Scorpion vise à "développer et optimiser les performances technico-opérationnelles globales des Groupements Tactiques Interarmes (GTIA), en d’autres termes à permettre à l’armée de terre française de conduire dans de bonnes conditions le combat "au contact" avec trois familles de véhicules : le char Leclerc, le successeur du véhicule de l’avant blindé, et celui de l’AMX 10-RC. Actuellement, il reste 340 Leclerc en parc. Il n’y en aura bientôt moins de 250, ceux qui ne seront pas modernisés étant vendus à l’exportation , à condition toutefois que le gouvernement trouve un client . Le second véhicule du programme Scorpion sera le successeur du fameux VAB, le Véhicule de l’avant blindé.

Pas de compétiteurs étrangers

L’armée de terre possède toujours 3.900 de ces engins, qui seront remplacés dans le cadre de Scorpion par 2300 VBMR (véhicules blindés multi-rôles), dont la première livraison interviendra en 2015. À la DGA, on dit ne rien savoir de ce véhicule "dès lors que la consultation n’est pas lancée". Le tableau est un peu moins flou que cela, notamment si l’on considère, de bonne source, que la DGA veut acquérir un véhicule "sur étagère", auprès d’un industriel français. Trois candidats sont dans la course : Nexter avec une version allégée de son VBCI, baptisée "VBCI-moins", candidat malheureux au programme FRES britannique . La deuxième candidature est celle de Renault Trucks Defense, avec le blindé AMC . Enfin, Thales propose un engin conçu par sa filiale australienne, le Bushmaster , récemment renommé Broussard. À ce stade, et selon nos informations, la DGA n’entend pas ouvrir ce marché à des compétiteurs non français, comme elle en a le droit s’agissant de matériels de défense. Mais si le marché devait s’ouvrir, de nombreux compétiteurs étrangers pourraient se mettre sur les rangs.

Outre le Leclerc et le VBMR, le programme Scorpion concerne également le EBRC (Engin Blindé de Reconnaissance et de Combat), successeur de l’AMX-10 RC, mais en très petit nombre : seulement 300 exemplaires, à livrer à partir de 2018. À ce stade, la DGA se dit "ouverte à la coopération", sans autre précision. On notera enfin que l’une des composantes principales du programme Scorpion est le SICS (Système d’information et de combat Scorpion) qui aura vocation à intégrer tous les systèmes informatiques de combat, du GTIA au fantassin individuel et aux véhicules.

Les résultats de l’appel à candidature seront connus à l’automne. Cet après-midi, la DGA n’a pas souhaité faire connaître le nombre de candidatures qu’elle avait reçues à la fin du dépôt, à 15 heures, arguant qu’il s’agit d’une information "secrète".


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