vendredi 20 octobre 2017

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Clotilde Reiss toujours privée de visites en Iran

Elisa Perrigueur, Le Parisien

lundi 3 août 2009, sélectionné par Spyworld

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L’étudiante française qui a fêté ses 24 ans reste incarcérée dans une prison iranienne. Ses amis s’inquiètent.

Vendredi, Clotilde Reiss a eu 24 ans. Un anniversaire que la Française a passé derrière les murs de la sinistre prison d’Evin, au nord de Téhéran (Iran), où, selon des proches, elle subit régulièrement des interrogatoires. Détenue depuis le 1er juillet, Clotilde Reiss est accusée d’espionnage par le gouvernement iranien.

Lectrice à l’université d’Ispahan, elle a assisté en première ligne aux manifestations contre le président Mahmoud Ahmadinejad, au lendemain de sa victoire très contestée du 12 juin. Les autorités iraniennes assurent que la jeune femme a pris des photos des émeutes avec son téléphone portable, envoyé ses clichés à un ami français, résidant lui aussi en Iran. Ce qui justifie, selon elles, son incarcération.

L’Union européenne lance un appel à Téhéran

En un mois, l’ambassadeur de France en Iran, Bernard Poletti, n’a pu rencontrer Clotilde Reiss qu’une fois, le 9 juillet. Une seconde entrevue aurait dû se tenir le 21 juillet, mais elle avait été reportée sine die par les autorités de Téhéran. Par la suite, seul un bref entretien téléphonique entre la ressortissante française et l’ambassadeur a été organisé, lundi dernier. Clotilde Reiss l’avait alors rassuré, évoquant son « bon moral », tout en se disant « inquiète quant à son avenir ».

Le Quai d’Orsay, qui n’a officiellement aucune nouvelle de la jeune détenue, s’indigne du motif de cet emprisonnement, qu’il juge injustifié. Il continue d’exiger sa libération et a tenté en vain d’obtenir que Clotilde puisse recevoir des visites. Jeudi dernier, l’Union européenne a lancé au ministère des Affaires étrangères iranien un appel à la « libération immédiate » de la jeune femme. Sans résultat ! L’Iran, qui accuse les pays occidentaux d’avoir fomenté les émeutes, multiplie ses accusations d’espionnage contre les ressortissants étrangers.

Passionnée par la culture persane, Clotilde Reiss s’était rendue plusieurs fois en Iran. Au début de l’année, elle avait rejoint son poste à l’université d’Ispahan. Selon un proche, la jeune Française aurait très vite été importunée par les autorités iraniennes qui l’accusaient de « travail au noir ». Il s’agirait en fait du stage de trois mois qu’elle avait effectué, lors d’un précédent séjour, à l’Ifri (Institut français de recherche en Iran). Dans un courriel expédié le 18 juin à des amis et à sa famille, Clotilde Reiss se voulait rassurante : « Vous n’avez pas à vous inquiéter de mon sort. Non seulement je suis prudente, mais les violences ne touchent que les manifestants. »


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