mardi 17 octobre 2017

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L’Australie déjoue une attaque terroriste

Benjamin Ferran, le Figaro

mardi 4 août 2009, sélectionné par Spyworld

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Quatre islamistes présumés, arrêtés mardi, planifiaient une attaque suicide contre une base militaire. Un événement extrêmement rare en Australie.

Le coup de filet a été lancé au petit matin mardi. Après sept mois d’enquête, plus de 400 policiers ont été mobilisés en divers points de Melbourne pour arrêter quatre terroristes présumés, soupçonnés d’avoir planifié une attaque suicide contre une base militaire en Australie. Agés de 22 à 26 ans, ces hommes opéraient en lien avec le groupe islamiste somalien al-Shabaah. L’un d’entre eux a d’ores et déjà été inculpé de crimes en liaison avec une action terroriste, tandis que les trois autres restaient soumis à un interrogatoire.

Les enquêteurs ont déjà une idée très précise des intentions de ces hommes, originaires du Liban et de Somalie mais de nationalité australienne. « Les coupables présumés se préparaient à mener une attaque soutenue contre le personnel militaire, jusqu’à ce qu’ils soient eux-mêmes tués », a expliqué mardi Tony Negus, commissaire en chef de la police fédérale australienne. Les suspects visaient la caserne de Holsworthy, à Sydney, et avaient procédé à des repérages dans d’autres bases militaires. Ils avaient cherché à obtenir des armes automatiques pour mener à bien ce projet.

Depuis janvier, une équipe de 150 policiers traquaient tous les agissements de ces hommes, dans le cadre d’une « vaste opération de surveillance » (nom de code : « Operation Neath »), devenue une des priorités de la sécurité nationale australienne. L’enquête a été déclenchée lorsqu’un Australien d’origine libanaise, connu pour avoir épousé les thèses de l’islamisme radical, a cherché à se rendre avec des amis en Somalie. Il envisageait d’y suivre une formation militaire auprès du groupe islamiste radical al-Shabaah, raconte The Australian.

Ce voyage a tourné court, faute de visa et de passeport en règle, ajoute le quotidien. C’est alors que les projets d’attaque terroriste sur le sol australien ont émergé. Les membres du groupe, dont un Australien d’origine somalienne revenu d’une de ces formations dans un camp, « étaient à la recherche d’une fatwa ou d’un texte religieux justifiant une attaque terroriste contre l’Australie », selon la police. La présence des troupes australiennes dans les pays musulmans a ainsi été évoquée dans les conversations interceptées. Mais l’Irak et l’Afghanistan n’ont jamais été clairement mentionnés.

« L’attaque la plus grave sur le sol australien »

L’attentat, s’il avait été mené, aurait représenté « l’attaque la plus grave sur le sol australien », a encore indiqué le responsable de la police. Les violences terroristes, en dehors d’une explosion devant un hôtel Hilton à Sydney en 1978 toujours pas élucidée, y sont cependant particulièrement rares. L’Australie a néanmoins été directement visée en 2002, lors des attentats de Bali où 88 de ses ressortissants ont été tués. Et un attentat, lors de rencontres sportives, a été déjoué en 2005.

Renforcé par ce succès policier, le premier ministre, Kevin Rudd, a exclu une nouvelle fois de procéder au retrait des 1500 soldats australiens déployés en Afghanistan. De même, le niveau d’alerte antiterroriste, inchangé depuis le 11-Septembre, ne sera pas relevé. Le premier ministre a toutefois considéré que « ce qui est arrivé aujourd’hui est un rappel que la menace terroriste est bien réelle et que cela nécessite une vigilance permanente de la part des autorités en charge de la sécurité ».


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