mardi 17 octobre 2017

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Pékin s’inquiète de la "menace" de course à l’armement dans l’espace

AFP

mercredi 12 août 2009, sélectionné par Spyworld

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La Chine a mis en garde mercredi contre la "menace grandissante" de la course à l’armement dans l’espace, appelant les pays à renoncer aux systèmes de défense antimissile qui pourraient porter atteinte à la sécurité internationale.

"Notre espace est confronté à la menace grandissante de militarisation", a expliqué le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi devant la Conférence du désarmement de l’ONU à Genève.

"Les pays ne doivent pas développer des systèmes de défense antimissile qui pourraient miner la stratégie de sécurité globale ou encore déployer des armes dans l’espace", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis travaillent depuis plusieurs années sur un projet de bouclier antimissile en Europe, qui a provoqué les foudres de la Russie.

Alors que les discussions sur le désarmement ont repris entre les deux puissances après plusieurs années de blocage, le sujet reste une pierre d’achoppement majeure entre Moscou et Washington.

Un haut responsable de l’armée de l’air russe a indiqué lundi que la Russie travaillait sur un nouveau système de missiles capable de défendre le pays contre des armements déployés dans l’espace. Une réponse claire au projet américain.

"La recherche absolue de l’avantage stratégique doit être abandonnée", a insisté le ministre chinois.

Dans un discours général rappelant la position de la Chine sur le désarmement, M. Yang a estimé que la Conférence de l’ONU sortie de 12 ans de léthargie le 29 mai avec un accord sur un programme de négociations sur les matières fissiles, l’armement dans l’espace et le désarmement nucléaire, pouvait "jouer un rôle clé".

"Des mesures multilatérales crédibles et efficaces doivent être prises pour prévenir le développement des armes et la course à l’armement dans l’espace extra-atmosphérique", a-t-il indiqué.

La Chine et la Russie ont notamment proposé de mettre en place un nouveau traité bannissant l’utilisation d’armes dans l’espace, mais l’idée a jusqu’à présent été fermement rejetée par les Etats-Unis.

La question est néanmoins sur la table de discussions de la Conférence qui a entamé début août sa troisième et dernière session de l’année.

Malgré l’accord de mai, les discussions concrètes n’ont pu encore débuter au sein de l’organe basé à Genève, en raison de l’opposition du Pakistan qui a réclamé lundi de nouvelles consultations sur des questions de procédures.

M. Yang a espéré que la Conférence puisse démarrer bientôt "des discussions importantes".

Insistant sur l’importance "d’un monde libre de toute arme nucléaire" grâce à leur prohibition et la destruction de celles existantes, le ministre chinois n’a toutefois pas donné de date pour la ratification par la Chine du Traité d’interdiction totale des essais nucléaires (CTBT/TICE) signé en 1996.

Il a assuré que son gouvernement était "engagé" à promouvoir une "ratification prochaine" de ce traité et appelé la communauté internationale à "travailler ensemble" pour son entrée en vigueur.

Le CTBT compte 177 Etats signataires mais reste lettre morte, car seuls 34 des 44 Etats disposant de capacités nucléaires et devant le ratifier pour qu’il entre en vigueur, l’ont fait.

Maintenant le flou sur cette question, M. Yang a enfin plaidé pour le renforcement du rôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), considérant que la sécurité internationale était "confrontée aux changements les plus profonds depuis la fin de la Guerre froide".


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