mardi 12 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > Les caméras de surveillance vivement dénoncées

Les caméras de surveillance vivement dénoncées

Tristan Berteloot, Nouvelobs.com

mercredi 19 août 2009, sélectionné par Spyworld

logo

A l’occasion de la publication des chiffres de l’Observatoire de la délinquance, Brice Hortefeux a annoncé que le nombre des caméras de surveillance sur la voie publique passerait de "20.000 à 60.000 d’ici 2011". Une initiative contestée par le PS et la Cnil.

Réagissant au bilan de l’Observatoire national de la délinquance (OND) publié lundi, qui pointe notamment une augmentation significative des violences à la personne (+4,13%) et une hausse inquiétante de 12 % des cambriolages, le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux a annoncé dans une interview donnée au Figaro, mercredi 19 août, vouloir "tripler" le nombre des caméras de surveillance de l’hexagone.

Pour le "premier flic de France", ces dernières bénéficient d’un "fort pouvoir de dissuasion", mais pas seulement. Le ministre leur trouve également un sérieux intérêt pour identifier les auteurs de méfaits. Leur nombre sur la voie publique "passera donc de 20.000 à 60.000 d’ici à 2011", peut-on lire dans l’article du Figaro, intitulé "Délinquance : la riposte de Brice Hortefeux".

"Déplacer la délinquance"

Pour le secrétaire national du PS chargé de la sécurité, Jean-Jacques Urvoas, "il s’agit d’une mauvaise réponse". "Aucune étude scientifique ne démontre l’efficacité de la vidéo surveillance pour lutter contre la délinquance", explique-t-il, avant d’ajouter, citant le criminologue Alain Bauer, qu’"elle ne fait que déplacer le problème". Il s’amuse que cette question refasse surface après la publication du bilan 2009 de l’OND et avance une explication : "Brice Hortefeux ne fait que gesticuler pour cacher les chiffres. La vérité c’est que depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, la délinquance n’a jamais baissé, pas plus que quand il était ministre de l’Intérieur", dénonce-t-il.

L’idée de Brice Hortefeux, ne date en effet pas d’hier, et n’est d’ailleurs pas de lui. Michèle Alliot-Marie, ministre de l’Intérieur jusqu’au dernier remaniement ministériel, avait annoncé en novembre 2007, vouloir 60.000 caméras en France avant... 2009. Une enveloppe d’1 million d’euros devait à l’époque être versée à une vingtaine de communes ayant des installations ou des projets de vidéosurveillance bien avancés.

Mais "le chantier à pris du retard", nous indique le ministère de l’Intérieur, expliquant que "ce sont les communes qui financent ce projet, avec le fond d’investissement interministériel de prévention de la délinquance. [35 millions d’euros de budget en 2009, ndlr]. Voilà pourquoi il ne pourra être terminé que fin 2011, portant le chiffre à 60.000".

Contrôle inexistant

"Les chiffres !? Quels chiffres ?", s’insurge Jean-Jacques Urvoas. Selon lui, "il est impossible de connaître le coût de ces installations", ni d’ailleurs le nombre exact de caméras de vidéosurveillance sur l’hexagone. "Le gouvernement nous sert des chiffres invérifiables", argumente-t-il, avant d’ironiser : "C’est bien beau de vouloir tripler un nombre qui n’existe pas !" Pour lui, "il faut qu’il y ait un contrôle plus important".

Pour l’instant, le contrôle n’existe pas. Le président de la Commission nationale informatique et liberté (Cnil), Alex Türk, est catégorique. "Personne, y compris au ministère de l’Intérieur, n’est capable de déterminer le nombre exact de caméras de surveillance sur la voie publique [...] certaines sont illégales". Il préconise un contrôle global et professionnel sur la question, dont "la Cnil doit être investie", explique-t-il, avant d’ajouter qu’il "attend depuis juillet une réponse du gouvernement". Pour lui, "on ne peut pas continuer en l’état, il faut une garantie pour le citoyen, et cette garantie passe par un contrôle et l’écriture d’une charte".

Jean-Jacques Urvoas a, quant à lui, une autre solution : "Pourquoi ne pas maintenir le nombre des fonctionnaires des forces de l’ordre, au lieu d’en supprimer 8.000 ?" propose-t-il.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :