mercredi 17 septembre 2014

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Londres et Madrid en pointe, Berlin réticente

Cyrille Vanlerberghe (à Londres), Caroline Bruneau (à Berlin) et J.-M. L., le Figaro

dimanche 23 août 2009, sélectionné par Spyworld

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En moyenne, un Londonien passe 300 fois par jour sous l’œil d’une caméra.

Londres, capitale mondiale en nombre de caméras. Rien qu’à Londres, la municipalité et ­Scotland Yard gèrent plus de 10.000 caméras pour lutter contre la criminalité. Mais c’est sans compter le demi-million d’appareils installés dans les magasins et les immeubles privés de la capi­tale, ainsi que les boîtes noires qui enregistrent le passage de toutes les voitures aux grands carrefours afin de surveiller le paiement de la taxe automobile en centre-ville. En moyenne, un Londonien passe environ 300 fois par jour devant l’œil d’un de ses appareils de surveillance. Malgré leur omniprésence, l’efficacité de ces caméras est de plus en plus remise en ­cause. Un rapport de la police en 2008 avait trouvé que seulement 3% des crimes et délits étaient résolus grâce à elles.

Madrid, championne de l’efficacité. « Ta­lon­née par l’Italie, l’Espagne est sans doute la plus en pointe en termes d’utilisation vidéo, plus que la Grande-Bretagne. Au point que ses sociétés de vidéo, qui équipent villes et administrations, sont en concurrence directe avec les Anglo-Saxons pour conquérir les marchés européens et notamment La ­France », confie un expert du ministère de l’Intérieur. L’impératif de lutte contre les poseurs de bombes d’ETA (900 morts) explique en partie cette avance. Ponctuellement, la police peut même requérir l’aide des services de sécurité privée, qui doivent alors se mettre à sa disposition.

Berlin, plus rétive à cet outil de surveillance. Dans l’Allemagne fédérale, les dispositifs de vidéosurveillance dépendent des ­Länder. « Nous n’avons aucun chiffre, nous ne parlons pas de ce sujet », a répondu sèchement un porte-parole du ministère fédéral de l’Intérieur. Les institutions ne s’expriment pas sur un thème qui rappelle l’espionnage de la Stasi en RDA. Selon des chiffres de 2002, au moins 500.000 caméras sont disposées dans les lieux publics. Il est probablement beaucoup plus élevé depuis les attentats de Londres en 2005 et le recours élargi à la vidéo. Les scandales d’espionnage des employés par les directions de Lidl ou de la Deutsche Bahn ont renforcé l’opposition contre ce dispositif. Même Angela Merkel en a été victime : en 2006, on a découvert une caméra du Pergamon Museum qui avait une vue imprenable sur son salon.


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