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L’Iran « doute » que Reiss ne soit qu’une simple étudiante

Bastien Hugues, le Figaro

mardi 25 août 2009, sélectionné par Spyworld

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Dans un entretien au Parisien, l’ambassadeur d’Iran en France justifie le procès contre la jeune universitaire française. Et affirme faire « tout son possible depuis deux mois pour que le climat s’apaise » entre Paris et Téhéran.

Accusée d’espionnage par les autorités iraniennes et libérée sous caution le 16 août, Clotilde Reiss attend toujours son jugement. Dans une interview au Parisien, l’ambassadeur d’Iran en France sort aujourd’hui de son silence sur le dossier, et justifie le procès mené contre la jeune universitaire française. « Pourquoi envoie-t-on une étudiante en géopolitique enseigner le français à la place d’un professeur de langue ? Pourquoi va-t-elle à Ispahan, la région où sont précisément installés nos centres d’enrichissement d’uranium ? Et enfin, pourquoi choisit-elle une université technologique où l’on n’étudie pas les sciences sociales, qui sont pourtant sa spécialité ? », s’interroge, méfiant, Seyed Mehdi Miraboutalebi.

Plus suspicieux encore se révèle l’ambassadeur lorsqu’il évoque un mémoire intitulé « Comprendre la politique iranienne dans la crise nucléaire », rédigé après un stage en 2007 à la direction des applications militaires du Commissariat à l’énergie atomique. « Ce document justifie nos doutes à son égard », confie Miraboutalebi.

« Il nous est interdit de faire avouer sous la contrainte »

Faisant remarquer que Clotide Reiss « a reconnu les huit chefs d’accusation lors de son procès » le 8 août, l’ambassadeur d’Iran à Paris martèle que personne ne l’y a obligé. « Nos croyances religieuses nous interdisent de mentir et de faire avouer sous la contrainte », assure-t-il. Et préfère observer que la Française séjournait illégalement en Iran, n’ayant pas renouvelé sa demande de visa. « En apparence, elle est partie pour donner des cours de français à Ispahan. Alors pourquoi s’est-elle retrouvée pendant quinze jours dans les manifestations à Téhéran ? », argumente-t-il encore, indiquant que Clotide Reiss était « sous surveillance » avant son arrestation.

Interrogé sur la date à laquelle sera rendu le jugement, Seyed Mehdi Miraboutalebi affirme l’ignorer. « Je vous invite à poser la question au juge. Ce qui est certain, c’est que ce sera moins long qu’en France », assène-t-il, grinçant. « Depuis deux mois, je fais tout mon possible pour que le climat s’apaise [entre Paris et Téhéran] et éviter que les choses ne dégénèrent », affirme Miraboutalebi, déplorant que « la France ait choisi de s’ingérer dans les affaires iraniennes immédiatement après l’élection et diffuser ses messages de propagande à l’opinion publique ».

Interrogé mardi matin sur Europe 1, le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner a reconnu qu’il craignait devoir « attendre quelques jours voire quelques semaines » pour voire la jeune Clotide Reiss définitivement libérée. « Serions-nous assez fous pour envoyer une jeune fille de cette qualité espionner (…) Elle n’a vraiment pas le profil d’une espionne. Le reste est faribole », a commenté le ministre des Affaires étrangères.


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