lundi 18 décembre 2017

Accueil du site > Renseignement > France > Clotilde Reiss : Bernard Kouchner contredit l’ambassadeur (...)

Clotilde Reiss : Bernard Kouchner contredit l’ambassadeur d’Iran

Le Monde

mardi 25 août 2009, sélectionné par Spyworld

logo

Le ministre des affaires étrangères français, Bernard Kouchner, a vertement blâmé, mardi 25 août, l’ambassadeur d’Iran à Paris après la publication par Le Parisien d’un entretien dans lequel il accuse à demi-mots Clotilde Reiss d’avoir espionné les activités nucléaires iraniennes. "Arrêtez de penser que l’ambassadeur d’Iran est la justice iranienne. Ce monsieur a parlé, il a tort de le faire d’ailleurs, parce que ce qu’il dit est faux", a déclaré, irrité, M. Kouchner sur la radio Europe 1.

Dans cet entretien l’ambassadeur de la République islamique, Ali Ahani, explique pourquoi son pays considère que le parcours, la personnalité et les agissements de Clotilde Reiss en Iran ont conduit la justice à l’inculper, notamment d’espionnage. La jeune chercheuse française, qui a passé plus d’un mois et demi en détention à Téhéran, après avoir été arrêtée à l’aéroport le 1er juillet, est actuellement assignée à résidence à l’ambassade de France, dans l’attente du prononcé du verdict de son procès. M. Ahani explique que les questions soulevées par la présence de la jeune femme avaient conduit les autorités de son pays à la faire surveiller "dès lors qu’elle était sur le territoire iranien".

LES AVEUX FORCÉS INTERDITS PAR LA RELIGION

"Mme Reiss a fait des études de géopolitique, elle s’intéresse à l’Iran, elle parle persan, mais elle n’est pas professeur de français", dit le diplomate. "A partir de là, trois questions se posent. Pourquoi envoie-t-on une étudiante en géopolitique enseigner le français à la place d’un professeur de langue ? Pourquoi va-t-elle à Ispahan, la région où sont précisément installés nos centres d’enrichissement d’uranium ? Et enfin, pourquoi choisit-elle une université technologique, où l’on n’étudie pas les sciences sociales, qui sont pourtant sa spécialité ?", s’interroge l’ambassadeur.

Ali Ahani – qui ajoute que la rédaction, en 2007, par Clotilde Reiss d’un mémoire pour le Commissariat à l’énergie atomique intitulé "Comprendre la politique iranienne dans la crise nucléaire" justifie les doutes des services iraniens – s’étonne aussi que la jeune femme n’ait pas quitté le pays à l’expiration de son visa et se soit retrouvée dans les rues de Téhéran avec les manifestations consécutives à la réélection de Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin.

"EST-CE QUE CELA SERT À QUELQUE CHOSE ? NON, NON ET NON"

Enfin, le diplomate assure que la torture et l’obtention d’aveux forcés ne font pas partie des pratiques iraniennes, tout simplement parce qu’elles sont interdites par la religion. Et accuse la France de ne faire aucun effort pour réchauffer les relations diplomatiques avec son pays et de "diffuser ses messages de propagande à l’opinion publique".

Autant d’accusations balayées par M. Kouchner, qui les qualifie de "fariboles". "Le dialogue est difficile" d’une manière générale avec les Iraniens, a-t-il encore souligné. "Nous avons essayé, bien avant les Américains, dont nous approuvons d’ailleurs la politique : tendre la main est nécessaire, poursuivre le dialogue est indispensable, mais nous l’avons fait", a-t-il dit. "Je téléphone toutes les semaines en Iran à mon homologue. Est-ce que cela sert à quelque chose ? Non, non et non", a-t-il conclu.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :