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Israël relance l’hypothèse de frappes contre l’Iran

Marc Henry, le Figaro

mardi 25 août 2009, sélectionné par Spyworld

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Des responsables de l’armée estiment que des raids aériens pourraient retarder de deux à quatre ans le programme nucléaire de Téhéran.

Benyamin Nétanyahou est installé dans le cockpit d’un avion avec un pilote qui lui explique : « Quand vous repérez Ahmadinejad, appuyez sur ce bouton. » Le premier ministre israélien répond en souriant : « Cool ! » Ce dessin publié par le quotidien Haaretz fait allusion à des images diffusées récemment par les télévisions israéliennes, montrant le chef du gouvernement à bord d’un F-15, chasseur bombardier à long rayon d’action. En donnant de sa personne, le premier ministre fait savoir qu’Israël se sent le droit d’attaquer les installations nucléaires iraniennes. L’objectif est de faire pression sur la communauté internationale, et surtout sur Obama, pour que des sanctions économiques plus dures soient imposées rapidement contre à l’Iran.

Dans le cadre de cette campagne d’intimidation, le quotidien Maariv a cité à la une plusieurs hauts responsables militaires affirmant qu’Israël dispose des moyens « de retarder de façon significative le programme nucléaire iranien, même si cette attaque a lieu sans une coordination préalable avec les États-Unis ». Selon ces officiers, le temps presse pour lancer une opération « efficace », car les Iraniens ne cessent de fortifier les défenses de leurs installations et de perfectionner leurs camouflages. Les gradés estiment toutefois plus prudent d’attendre que les Américains entament des pourparlers avec les Iraniens et constatent que cette tentative de conciliation est vouée à l’échec.

La « doctrine Begin » reste d’actualité

Seule certitude : pour Nétanyahou, la « doctrine Begin », du nom de l’ancien premier ministre, reste plus que jamais d’actualité. Selon celle-ci, Israël ne peut en aucun cas se permettre d’être menacé d’une « deuxième Shoah » et doit empêcher par tous les moyens les pays de la région de se doter d’armes de destruction massive. À deux reprises déjà, Israël a appliqué cette doctrine. En 1981, son aviation a détruit une centrale nucléaire irakienne près de Bagdad. Il y a deux ans, en Syrie, elle réduisait en poussières un réacteur nucléaire construit secrètement. L’aviation israélienne a aussi fait comprendre qu’elle pouvait frapper loin en attaquant en janvier au Soudan des convois de camions chargés d’armes iraniennes destinées aux islamistes palestiniens du Hamas et au mouvement chiite libanais du Hezbollah.

Mais toute la question est de savoir si une attaque israélienne en Iran serait réellement efficace. La plupart des experts israéliens estiment que l’État hébreu, sans une participation directe des Américains, ne peut pas réduire à néant les ambitions nucléaires iraniennes. Tout au plus une telle offensive permettrait de retarder le programme iranien de deux à quatre ans.


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