samedi 16 décembre 2017

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Le centre de formation inquiet sur son avenir

Guy Lacquement, Sudouest.com

mercredi 26 août 2009, sélectionné par Spyworld

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Pourquoi les autorités ne rassurent-elles pas les personnels sur leur avenir et celui de cette école très spécialisée ? L’intersyndicale reste mobilisée

Le sort du Centre de formation aéronautique de Latresne (CFLE) est-il scellé ?

Ou bien les autorités de la Défense nationale cherchent-elles encore un avenir pour les 44 formateurs de cet établissement et les dizaines d’élèves et de stagiaires qui le fréquentent régulièrement ?

L’intersyndicale CGT-FO, qui multiplie les initiatives depuis un an, s’interroge encore, ballottée entre les différentes directions du ministère de la Défense. Elle a le sentiment que ses interlocuteurs cherchent à gagner du temps.

Révision générale

Dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques (RGPP), le ministère de la Défense se séparerait de ses centres de formation. Et par priorité de ceux qui s’adressent aux personnels civils. La plupart dépendaient de la Délégation générale pour l’armement (DGA).

Le CFLE qui avait été poussé à s’ouvrir à des formations extérieures, collabore depuis dix ans avec l’Éducation nationale pour la préparation du bac pro et l’année complémentaire.

Maintenant l’administration centrale lui reprocherait de ne consacrer qu’une faible part de son temps à la formation des techniciens d’État.

Tout cela pour regrouper les formations soit au Campus de la Défense à Bourges, soit dans les écoles de Saintes et de Rochefort.

L’intersyndicale, forte des spécificités du centre en aéronautique militaire, exige le maintien du CFLE.

Il pourrait continuer à oeuvrer pour les formations initiales et con tinues des techniques aéronautiques. Le CFLE a déjà fait ses preuves en matière de reconversion des militaires dans l’aéronautique civile.

Le centre de formation a développé des réseaux et des particularités qui lui permettraient encore de proposer des formations à la carte pour les différents services civils ou militaires de la région.

Même la marine

Certains contacts tendent à montrer que la marine et l’armée de terre pourraient être intéressées par les capacités du CFLE pour la maintenance de leurs propres aéronefs (aéronavale et aviation légère).

Le CFLE serait le seul établissement à disposer de la certification européenne. La formation bac pro connaît un taux de réussite de 90 %.

Le centre dispose à ce jour d’un budget équilibré, et son maintien éviterait des frais de construction ou des reconversions onéreuses sur d’autres sites. La preuve en est que l’administration vient de demander aux formateurs de Latresne de suppléer l’école de Saintes pendant le premier semestre 2010.

Château

Installé en 1946, dans un château médiéval et un domaine de 30 hectares, cette école a contribué à former 1 500 ouvriers d’État et 500 techniciens supérieurs de l’aéronautique militaire. Elle a notamment dispensé 26 417 jours de formation en 2008. Ses ateliers disposent de plusieurs aéronefs et ses locaux comptent des espaces de restauration, d’hébergement, de sport, en plus de ses ateliers et laboratoires.

Mais l’arrêt du recrutement par concours en 1999 a privé le centre de formation de sa principale activité. Plusieurs rapporteurs et commissions ont été chargés d’élaborer une politique générale de la formation au sein de la Défense. Mais ils se heurtent aux limites de la mutualisation et de l’externalisation d’activités aussi pointues.

Les civils pèseraient sensiblement moins que les militaires au sein du ministère de la Défense, à l’heure de la RGPP...

L’externalisation d’une partie de ces enseignements inquiète les syndicats qui redoutent la mainmise des employeurs privés sur ce domaine d’activité.


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