mardi 24 octobre 2017

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Somalie : arrivée à Paris de l’agent français, son collègue toujours otage

AFP

jeudi 27 août 2009, sélectionné par Spyworld

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L’agent français redevenu libre mercredi à Mogadiscio après un mois et demi de captivité est arrivé jeudi à Paris mais son collègue reste prisonnier en Somalie d’islamistes radicaux décidés à le traduire devant un tribunal islamique pour espionnage.

L’ex-otage, "en bonne forme" et dont l’identité n’a pas été révélée, est arrivé à Paris vers 13H30 (11H30 GMT), a-t-on appris de source proche du dossier. Il voyageait à bord d’un avion spécial parti de Djibouti et devait retrouver sa famille.

Cet agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE - espionnage) devrait être prochainement "débriefé", selon la formule consacrée, par des spécialistes du renseignement sur les conditions de son enlèvement et de sa séquestration.

Enlevé le 14 juillet à Mogadiscio avec un autre agent secret français, cet homme avait recouvré la liberté mercredi.

Devançant son "débriefing", celui qui se présente comme "Marc Aubrière" a raconté mercredi à plusieurs médias, dont la radio RFI, comment il avait échappé à la surveillance de ses geôliers et marché plusieurs heures de nuit dans la capitale somalienne pour rejoindre le palais présidentiel.

"Mardi soir, aux environs de minuit, j’ai profité du sommeil de mes geôliers fatigués par le ramadan. J’ai vu que ma cellule était mal fermée alors je me suis fait la belle sans violence. (...) Puis j’ai marché dans la nuit pendant près de cinq heures en me guidant avec les étoiles pour rejoindre la zone que j’espérais atteindre", a-t-il relaté au micro de RFI.

Le récit de cette périlleuse évasion nocturne —par un agent de renseignement inhabituellement loquace— dans une ville quadrillée par les miliciens en armes, n’a pas été confirmé de source indépendante.

Il était détenu par des miliciens du parti Hezb al-Islam, un groupe dirigé par cheikh Hassan Dahir Aweys.

Un dirigeant du groupe avait confirmé mercredi à l’AFP la libération sans heurt de l’otage, affirmant toutefois qu’une rançon avait été versée, un scénario également rapporté par un responsable gouvernemental somalien.

La France a catégoriquement démenti cette version, assurant que l’agent s’était échappé par ses propres moyens.

Son collègue reste prisonnier d’un autre groupe d’insurgés islamistes, les combattants shebab, qui ont réitéré jeudi leur intention de le juger pour espionnage selon la loi coranique.

"Nous savons que l’autre agent secret français a recouvré la liberté sans être jugé mais je vous dis que celui que nous détenons attend toujours qu’un tribunal islamique décide de son sort, comme nous l’avons précédemment annoncé", a expliqué à l’AFP un haut responsable des shebab sous couvert d’anonymat.

Selon la même source, les chances d’évasion de cet otage sont minimes, voire inexistantes.

"Il ne peut pas s’échapper. Nous le détenons dans un endroit très bien gardé et il n’a que très peu de chance de s’enfuir", a-t-il assuré.

Mercredi, le ministre de l’Information somalien avait affirmé que le gouvernement du président Sharif Cheikh Ahmed poursuivait ses efforts pour parvenir à la libération du deuxième otage.

Confronté à une vaste offensive des islamistes radicaux depuis mai, le gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale, ne contrôle toutefois qu’une infime portion du pays et de sa capitale.

Des étrangers sont régulièrement enlevés en Somalie, en guerre civile depuis 1991, avant des demandes de rançon.

Trois humanitaires étrangers ont ainsi été kidnappés en juillet dans une localité kényane frontalière de la Somalie tandis que deux journalistes, une Canadienne et un Australien, sont retenus captifs depuis un an.


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