lundi 11 décembre 2017

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La marine russe intéressée par les bateaux de guerre français

Jean Guisnel, Le Point.fr

mardi 1er septembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Révélé dès novembre 2008 par la lettre confidentielle Russia Intelligence , le projet d’acquisition par la Russie de bâtiments de projection et de commandement de type Mistral a été officialisé la semaine dernière à Oulan-Bator par le chef d’état-major russe, le général Nikolaï Makarov. Cet achat, s’il devait se concrétiser, serait un événement considérable. D’abord parce que la Russie n’achète jusqu’à présent aucun de ses armements à l’étranger, ensuite parce que ce serait le premier succès à l’exportation pour ce type de bâtiment français, dont l’allure très militaire ne doit pas faire oublier qu’il s’agit d’un navire aux normes civiles définies par le bureau Véritas. Il est facile à faire construire par modules dans n’importe quel chantier civil avant que ses différents morceaux soient assemblés sur un lieu unique. Ce type de navire est devenu indispensable pour débarquer des unités terrestres, transporter des hélicoptères, embarquer un état-major de forces, voire évacuer des ressortissants comme cela s’est produit à l’été 2006 au Liban. Ces bâtiments sont très bien adaptés aux conflits modernes, et si la Russie veut en acquérir, c’est d’abord pour leur plan. Car il est probable qu’elle en construirait dans ses propres chantiers. L’entreprise conceptrice de ces navires, DCNS, se refuse au moindre commentaire sur les déclarations russes, le service de communication arguant de "consignes strictes". De qui donc ?

Ce silence s’explique peut-être par les espoirs secrètement entretenus par les Français. Car les Russes seraient en réalité désireux de beaucoup plus que le Mistral. Selon un article du correspondant en Russie du Weekly Standart , publié le 14 juillet dernier, le chef d’état-major de la marine russe, l’amiral Vladimir Vysotsky, avait considéré en 2008 que sa flotte devrait compter "six groupes aéronavals", autour de six porte-avions. Contre un seul actuellement, l’ Admiral Kuznetsov . Le journal rappelle bien sûr que le cours du pétrole l’an dernier autorisait tous les rêves, et qu’aujourd’hui la marine russe serait satisfaite si elle pouvait seulement remplacer ses vieux bateaux qui partent à la démolition. Défi qui serait impossible à relever pour les chantiers nationaux... Le journal rapporte que la marine russe ne dément pas être en discussion avec DCNS et Thales pour l’achat de bâtiments de guerre, et même qu’il existe un projet de porte-avions nucléaire franco-russe. Étonnant ! Pour les sous-marins, Moscou se tournerait plutôt vers les chantiers allemands, très réputés.


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