mercredi 18 octobre 2017

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Clearstream : l’ex-directeur des RG cité comme témoin

Mathieu Delahousse, le Figaro

mercredi 2 septembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Des acteurs du procès, qui s’ouvre dans trois semaines, veulent interroger Yves Bertrand sur le rôle qu’il aurait joué dans l’affaire. Sept autres personnalités, dont Jean-Pierre Raffarin et le juge Van Ruymbeke, doivent témoigner.

En coulisses, le procès Clearstream a déjà commencé. Les audiences devant le tribunal correctionnel de Paris ne débuteront que le 21 septembre prochain, mais chacun fourbit ses armes et anticipe les tactiques à venir pour la défense ou pour l’attaque. Selon nos informations, huit témoins sont d’ores et déjà cités. D’autres pourraient suivre dans les jours qui viennent.

Outre le général Philippe Rondot et l’ancien patron de la DST, Pierre de Bousquet de Florian, cités de longue date à l’initiative du procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, la barre des témoins du tribunal devrait ainsi voir défiler l’ancien directeur central des Renseignements généraux. Yves Bertrand ainsi que sa collaboratrice Brigitte Henri sont cités à la demande de l’avocat fiscaliste Allain Guilloux, qui est partie civile dans le dossier Clearstream après avoir été l’un des prévenus de l’Angolagate. « J’ai toujours soutenu que les Renseignements généraux étaient à l’origine de la machination Clearstream », indique aujourd’hui Allain Guilloux. C’est dans le cadre de l’instruction menée par les juges Jean-Marie d’Huy et Henri Pons que le domicile d’Yves Bertrand avait été perquisitionné et que les fameux carnets manuscrits de l’ancien haut fonctionnaire avaient été découverts.

De multiples versions

Directeur central des Renseignements généraux entre 1992 et 2004, Yves Bertrand a toujours réfuté la moindre participation à un « cabinet noir » qui aurait existé autour de Dominique de Villepin afin d’affaiblir les concurrents de Jacques Chirac. En novembre dernier, il avait par ailleurs porté plainte - avant de se désister - contre Imad Lahoud. L’informaticien, qui sera l’un des cinq prévenus du procès Clearstream, venait d’affirmer, dans une interview au Point, qu’il était celui qui avait ajouté le nom de Nicolas Sarkozy dans les listings truqués et que la machination s’était déroulée dans le bureau d’Yves Bertrand. L’ancien policier conteste ­cette version. Le listing Clearstream est-il passé par les RG ? À quel moment le nom de l’actuel président de la République a-t-il été ajouté ?

Pour démêler ces multiples versions, les deux hommes pourraient donc être confrontés à l’audience… à condition qu’Yves Bertrand soit présent. Cité comme témoin au procès de l’Angolagate en février dernier, il avait décliné l’invitation du tribunal.

Autres personnalités attendues comme témoins au procès Clearstream, le juge d’instruction Renaud Van Ruymbeke, l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, son ancien directeur de cabinet et président du CSA, Michel Boyon, ou encore Pierre Steinmetz, membre du Conseil constitutionnel. Les noms de ces personnalités avaient été avancés dès le mois de juin lors d’une audience de préparation menée par le magistrat qui présidera l’audience. « Lors de cette réunion, la plupart des avocats avaient préféré garder leurs cartes dans la manche », ironisait alors un participant.

Cette stratégie semble encore d’actualité, les avocats préférant attendre le dernier moment pour citer « leurs » témoins. Au total, ils pourraient être une vingtaine. Et, au Palais de justice, plusieurs voix prédisent déjà que le temps manquera pour que le parquet et les avocats des 5 prévenus et des 41 parties civiles puissent tous les interroger…


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