jeudi 14 décembre 2017

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Les drones s’approchent enfin de la BA709

Charentelibre.com

jeudi 3 septembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Le lieutenant-colonel Mazoyer a pris hier le commandement de l’escadron de drones. Espérés depuis longtemps sur la BA 709, les petits avions sans pilote sont attendus sous peu

On a bien cru qu’ils ne viendraient jamais se poser sur le tarmac de la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard... D’ici la fin de l’année, les trois drones de l’escadron Adour seront enfin garés sous leur hangar, dès leur retour d’Afghanistan où ils sont actuellement en opération et toujours en phase d’expérimentation.

« C’est vrai que la date de leur déménagement à Cognac a été repoussée depuis plusieurs années et à chaque fois d’une année supplémentaire », a reconnu hier le général Jérôme Huret, commandant le Centre d’expériences aériennes militaires de Mont-de-Marsan, où les drones étaient expérimentés depuis 2006. Le général était venu assister à la prise de commandement de l’escadron Adour, celui des drones, par le lieutenant-colonel Sébastien Mazoyer qui remplace le colonel Cyril Carcy. Cette fois, les drones ne jouent plus les Arlésiennes. Les signes sont enfin tangibles avec l’arrivée sur la BA 709 d’une partie du personnel de l’escadron depuis la mi-juillet et la nomination d’un nouveau commandant de l’unité.

Quatre drones et 72 militaires

Pourtant hier, pas la silhouette d’un des trois appareils qui équipent l’armée de l’air. « Il y en a bien un ici, de l’autre côté du hangar, mais il est en pièces détachées après une avarie due au givre lors d’une opération en Afghanistan. Nous sommes en train de l’expertiser », indique le lieutenant-colonel Sébastien Mazoyer. Et les deux autres engins sont toujours basés du côté de Bagram où ils poursuivent leurs vols expérimentaux.

« Nous sommes toujours en phase constante d’amélioration dans des conditions d’expérimentation grandeur nature sur le théâtre d’opérations afghan », souligne pour sa part le lieutenant-colonel Cyril Carcy, qui vient de passer trois ans à superviser la naissance de ces drones, baptisés Harfang. « Nous sommes partis d’une base de drone israélien que nous avons perfectionné avec l’aide de la Direction générale de l’armement et d’EADS, qui les fabrique », résume Cyril Carcy.

D’ici la fin de l’année, ce ne sont pas trois mais quatre drones qui prendront leurs quartiers dans les airs cognaçais. « La commande d’un exemplaire supplémentaire vient d’être passée au fabricant », indique Sébastien Mazoyer. Ce ne sont pas non plus la cinquantaine de militaires qui était attendus mais soixante-douze de l’escadron, créé en 2002, qui débarqueront en provenance de la base de Mont-de-Marsan. « Au fil des phases d’expérimentation, nous nous sommes rendus compte que nous n’étions pas assez nombreux, ce qui explique cette évolution », précise Cyril Carcy.

Nouvel outil hyper-sophistiqué, le drone Harfang est l’une des armes d’avenir de l’armée française. Avec un énorme avantage aux yeux de ses utilisateurs : « Il demande beaucoup moins de personnel que les moyens classiques de surveillance et de renseignements aériens, insistent Cyril Carcy et Sébastien Mazoyer. Là où il faudrait six Mirage, un avion ravitailleur et une centaine de personnes, nos deux drones ne nécessitent qu’une quarantaine de militaires, dont vingt-six sont actuellement issus de notre escadron ». Et puis il y a le coût. Environ 50 millions d’euros pour l’ensemble de l’équipement de l’unité, soit à peu près le prix d’un seul Mirage.

La date précise de l’installation de la totalité de l’escadron n’est pas encore fixée. « Mais assurément d’ici la fin de l’année », affirme le général Huret. Avant de lancer : « L’histoire des drones de l’armée de l’air ne fait que commencer ! ». Une histoire qui s’écrira désormais à Cognac.


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