jeudi 14 décembre 2017

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Les bons plans européens pour guider les PME technologiques

Yan de Kerorguen, la Tribune

jeudi 1er décembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Les réseaux de complémentarité européens aident les PME à s’organiser pour le développement de leurs recherches. La Commission européenne veut impliquer les entreprises high-tech très en amont.

"Où sont les PME technologiques ?" Pour Bob Keown, président de Beta Technology Ltd, une société de conseil en services technologiques, "les petites et moyennes entreprises développant des innovations de pointe manquent de visibilité en Europe. Il est difficile de les rencontrer et leurs performances restent souvent méconnues". Ce manque de visibilité est réciproque. Malgré le travail d’information, de conseil et d’évaluation réalisé par des agences (Anvar) ou des réseaux d’accès aux technologies (centres Relais Innovation présents dans trente et un pays), les start-up et les sociétés en développement ont du mal à percer les arcanes de Bruxelles. Et sans lobbying ad hoc, l’effort pour y parvenir est quasi insurmontable.

Approche plus pragmatique. "Les petites sociétés high-tech jugent presque impossible de participer aux réseaux d’excellence et aux projets intégrés. Elles sont désavantagées par rapport aux plus grandes. L’Union européenne aide davantage les PME industrielles que les PME high-tech", fait remarquer Bob Keown. "Seuls les projets très organisés sont retenus", explique Robert Anthony, directeur de recherche de Cell Analysis, une PME britannique.

Une situation que la Direction générale de la recherche à la Commission européenne entend changer par une approche plus pragmatique et plus complète. Cette dernière propose en effet d’intégrer le principe "penser aux petites d’abord" dans toutes les politiques tant au niveau national qu’au niveau de l’UE afin qu’elles soient mieux adaptées aux PME. Comment rendre les PME plus compétitives en rationalisant les instruments de la politique communautaire ? Comment simplifier l’environnement, faciliter l’accès aux financements et aux marchés, comment améliorer le potentiel d’innovation et renforcer le dialogue sur le terrain ?

C’est à ces questions qu’a tenté de répondre une conférence à Cambridge. Plusieurs PDG et directeurs de recherche ont à cette occasion exposé leurs idées sur la nature de cet enjeu. Il a permis de faire le point sur les opportunités de recherche et développement en Europe pour les PME high-tech, les initiatives de coopération et de partenariats ainsi que les opportunités de financement offertes par les programmes européens. "Leur existence est mal connue", reconnaît Patrick Vittet-Philippe, responsable de l’information à la DG recherche. Pourtant, grâce à un investissement de 2,3 milliards d’euros destinés aux travaux de recherche menés par les PME, dans le cadre du sixième programme PCRDT, l’UE aide activement les PME technologiques a transformer leur recherche en une activité commerciale compétitive.

Coopération systématique. La solution proposée par la DG recherche consiste en une consultation et une coopération plus systématiques avec les parties prenantes des PME, par exemple en créant des "panels PME" afin d’obtenir leur avis dans des domaines spécifiques de l’élaboration des politiques et en instituant des prix européens des entreprises, European Enterprises Awards.

Partager est le mot clé. Pour David Marlow, chef de l’agence de développement East of England (EEDA), "des lieux comme Cambridge témoignent du fonctionnement intense en réseau entre universités, entrepreneurs, grandes entreprises, investisseurs et intermédiaires. Le capital va là où sont les réputations". "Il est nécessaire d’accroître une forme de R&D collective associant des PME et des associations de PME via du transfert et des partenariats", ajoute Bob Willis, directeur de Smart Group. Les projets Eureka sont faits pour cela. Les PME qui y participent partagent leurs compétences, les coûts, les risques, la propriété intellectuelle et bien sûr les bénéfices, dans une logique de partenariats, au sein de réseaux de complémentarité. C’est un des moyens d’atteindre une masse critique et d’accéder également plus rapidement à de nouveaux marchés.

L’obstacle du financement. Dix-neuf pays soutiennent l’initiative Eurostars, les champions de demain en affectant 40 millions d’euros par an. L’objectif est de combiner les avantages d’Eureka avec ses procédures flexibles et la capacité de l’UE de sécuriser le financement. Il rappelle que trois outils européens existent et méritent que les PME-PMI se mobilisent. Un autre outil, Eranet, permet d’inciter et de soutenir la coopération entre les acteurs chargés de la programmation de la recherche dans les États membres.

Un des obstacles clés reste les financements. Ils vont plutôt aux majors ou aux entreprises connues. Une petite partie des PME seulement peuvent donc grandir normalement. Comme l’indique Isi Saragossi, directeur des investissements pour la recherche à la DG recherche, "il ne faut plus jouer nationalement mais sur le plan européen.". Les PME britanniques ont un avantage sur leurs voisines : leurs partenaires sont des universités, et des capital-risqueurs qui apportent entre 25 % et 50 % du capital.


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