lundi 16 octobre 2017

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"Le Maréchal", trafiquant d’armes belge piégé par le FBI

Jean-Pierre Stroobants, le Monde

samedi 5 septembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Un trafiquant d’armes belge résidant dans le Cher, Jacques Monsieur, 56 ans, a été arrêté, le 28 août, aux Etats-Unis, et mis en examen pour exportation illégale d’armement, complot, blanchiment et contrebande. C’est ce qu’a révélé, mercredi 2 septembre, un procureur américain.

Le trafiquant tentait notamment d’acquérir des moteurs pour des avions F-5 de l’armée iranienne. Il risque jusqu’à soixante-cinq années de prison si le tribunal de l’Alabama devant lequel il comparaîtra dans les trois mois le reconnaît coupable. Son complice présumé, Dara Fotouhi, 55 ans, un Iranien résidant en France, a pu s’échapper mais il est recherché.

Jacques Monsieur a été suivi durant six mois par des enquêteurs américains qui affirment disposer des "preuves irréfutables" à son encontre. Il ne s’est pas rendu compte que l’homme avec lequel il négociait l’achat de moteurs était un agent du FBI travaillant "sous couverture". L’accord définitif aurait été conclu il y a un mois, à Paris.

Selon des sources américaines, le matériel, destiné à des avions vendus à l’Iran à l’époque du chah et encore en service, devait être assorti de faux certificats. Officiellement destinés à la Colombie, les moteurs devaient ensuite transiter par les Emirats arabes unis pour être, enfin, livrés à l’Iran.

Ce pays était, semble-t-il, l’un des principaux clients de l’ancien officier de l’armée belge, surnommé "Le Maréchal". Il s’y était exilé en 2000, alors qu’il était cité dans le scandale de l’affaire Elf, en France, et de la livraison d’armes aux différentes forces en conflit au Congo-Brazzaville.

Les bonnes relations qu’il entretenait avec le régime des mollahs, auquel il aurait notamment vendu des centaines de missiles américains, n’ont toutefois pas empêché que Jacques Monsieur soit, en 2000, condamné à dix ans de prison pour "espionnage". Selon La Libre Belgique, il aurait en fait tenté de "doubler" l’un de ses associés locaux. Il quitta toutefois l’Iran deux ans plus tard, en versant une caution de plus de 400 000 euros. Il a ensuite été emprisonné en Turquie, puis en Belgique, où il faisait l’objet de huit enquêtes distinctes.

Condamné à Bruxelles, à l’issue d’un procès tenu à huis clos pour des raisons d’ordre diplomatique, il a été remis à la France en avril 2005. Un tribunal de Bourges lui a alors infligé une peine de quatre ans avec sursis, tenant compte de sa condamnation antérieure en Belgique.

Présenté comme l’un des principaux trafiquants d’armes européens, comparé au Russe Victor Bout, actuellement emprisonné en Thaïlande, "Le Maréchal" a toujours affirmé que son activité était une couverture pour son rôle d’espion. Il soutient avoir oeuvré pour les services américains, le Mossad israélien, la Sûreté militaire belge et la DST française. Un relevé de ses activités recense, outre l’Iran, sa présence en Bosnie, en Croatie, en Chine, au Qatar, en Angola, en Equateur.

Pour David Oggen, le vice-ministre américain de la justice, l’arrestation du Belge démontre "la dimension internationale des réseaux iraniens et des trafiquants qui les aident à se fournir".


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