lundi 23 octobre 2017

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Le Brésil va acquérir 36 avions de combat Rafale

Bruno Jeudy, le Figaro

lundi 7 septembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Le président Lula a précipité son choix pour l’offre française compte tenu de « l’étendue des transferts technologiques proposés » par la France, dont la possibilité de fabriquer des avions au Brésil.

Nicolas Sarkozy n’a pas fait un aller-retour au Brésil pour rien. Le chef de l’État va rentrer cette nuit à Paris, avec le premier contrat de ventes du Rafale. Un succès politique, diplomatique et industriel pour le président français puisque l’achat de ces trente-six avions de chasse représente un contrat d’environ 5 milliards d’euros. Son homologue Lula a confirmé, ce lundi soir, que son armée de l’air allait se doter de l’avion de combat français. C’est la première fois qu’un pays étranger s’équipe de l’avion construit par Dassault Aviation*.

L’annonce par le président brésilien est une surprise, même si, ces derniers jours, il avait laissé poindre sa préférence pour l’offre française plutôt que celles des concurrents américains et suédois. Mais Lula a choisi de précipiter son choix compte tenu de « l’étendue des transferts technologiques proposés », peut-on lire dans la déclaration commune distribuée aux journalistes français et brésiliens. « Ce qui est important, c’est d’avoir accès à la technologie pour qu’on puisse produire les avions au Brésil », a renchéri Lula.

Contrat « historique »

Une négociation exclusive va désormais se poursuivre pour aboutir à l’achat définitif des Rafale. En contrepartie, la France s’est engagée à acheter dix avions de transports militaires brésiliens (des Hercule). « Ce sont des accords littéralement historiques », s’est exclamé Sarkozy lors de la conférence de presse commune, en promettant que la « France serait un partenaire fiable ».

Ce double contrat militaire concrétise le partenariat stratégique engagé entre les deux pays depuis 2006. « Nos deux peuples ont beaucoup de choses en commun. La France ne veut pas simplement vendre au Brésil et le Brésil ne veut pas simplement acheter », a souligné Lula. Pour aboutir à ce résultat, les négociateurs français auront travaillé toute la nuit pour obtenir un engagement ferme dès lundi. Initialement, l’armée brésilienne ne devait révéler son choix qu’en octobre.

« Nicolas Sarkozy vient faire des affaires », titrait ce lundi un quotidien de Brasilia. Ce qui n’est pas faux. Ce contrat « historique » sur les Rafale vient s’ajouter à ceux conclus l’an passé. Les Brésiliens ont déjà commandé à la France cinquante hélicoptères et quatre sous-marins militaires conventionnels plus la construction de la coque de leur futur sous-marin nucléaire. Le tout pour un montant de 6,7 milliards d’euros, soit l’équivalent d’une année de contrats militaires ! En coulisses, le président, et la délégation de chefs d’entreprises qui l’accompagnait, a profité de son séjour pour s’activer sur un autre dossier : celui de la ligne ferroviaire entre Sao Paulo et Rio. L’entreprise française Alstom espère y construire un TGV pour un contrat évalué à 13 milliards d’euros. Là aussi, Sarkozy s’est montré confiant.

Avant l’annonce de l’achat des Rafale, Lula et Sarkozy avaient assisté pendant une heure et demie au défilé de la fête nationale. Pour la première fois depuis 1822, un chef d’État étranger en était l’invité d’honneur. Les deux hommes ne ratent jamais une occasion d’afficher leur amitié. « Avec Lula, on est d’accord sur la quasi-totalité des dossiers. Je sais que c’est dur à croire. Mais le président Lula est un homme pragmatique, concret et qui tient sa parole » , confie le chef de l’État. Alors, même quand Nicolas Sarkozy arrive avec dix minutes de retard au défilé, Lula ne se formalise pas. Le passage des Alpha Jet de la Patrouille de France, avec leurs traînées bleu-blanc-rouge dans le ciel de Brasilia, a impressionné Lula et les milliers de Brésiliens massés le long des huit kilomètres de l’axe monumentale de la capitale.

* Le Figaro est la propriété du groupe industriel Marcel Dassault.


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