mercredi 18 octobre 2017

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Somalie : les shebab posent des conditions pour libérer l’agent français

AFP

jeudi 17 septembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Les insurgés islamistes en Somalie, les shebab, ont exigé que la France cesse tout soutien au fragile régime de ce pays et retire toute présence militaire, avant de libérer l’agent français qu’ils détiennent depuis la mi-juillet.

Deux mois après l’enlèvement de ce militaire dans son hôtel à Mogadiscio, les shebab ont pour la première fois "présenté au gouvernement français un nombre de revendications pour (sa) libération", dans un communiqué transmis à l’AFP à Mogadiscio, dont l’authenticité a été confirmée par un haut responsable du mouvement islamiste.

Dans ce texte, diffusé en français et en somalien, les shebab posent quatre "revendications politiques" :

- "la cessation immediate de tout soutien politique ou militaire au gouvernement apostat de Somalie et le retrait de tous ses conseillers en sécurité de la Somalie".

- "le retrait de toutes les forces croisées (Amisom), en particulier celle du Burundi", en référence aux cinq mille hommes de l’Union africaine (UA) déployés à Mogadiscio.

- "le retrait (par la France) de toutes ses compagnies de sécurité presentes en Somalie"

- "le retrait de sa (force) navale des côtes somaliennes".

Les insurgés islamistes demandent en outre "la libération des moujahidines prisonniers dans les pays dont les noms seront communiqués plus tard".

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner a réagi en jugeant "complètement faux (de dire que la France soutenait) un gouvernement illégal, c’est un gouvernement qui est né de l’assentiment général de la Somalie".

Deux agents des services de renseignement français avaient été enlevés le 14 juillet à Mogadiscio. L’un d’eux, détenu par un mouvement distinct mais allié des Shebab, le Hezb al-Islam, avait retrouvé la liberté fin août. Il avait affirmé à la presse avoir pu échapper à ses ravisseurs, alors que des représentants du groupe l’ayant détenu ont fait état du versement d’une rançon, démentie par la France.

Ces deux officiers avaient pour mission, selon M. Kouchner, de former des élements de "la police et la garde présidentielle" du chef de l’Etat, Sharif Cheikh Ahmed, un islamiste modéré au pouvoir depuis janvier, dont le fragile pouvoir sur une petite partie de Mogadiscio est soutenu à bout de bras par la communauté internationale.

Les shebab, qui ont affirmé à plusieurs reprises vouloir juger leur otage, affirment qu’il était également chargé de "recueillir des renseignements de sécurité" qui "auraient été exploités pour lancer des opérations venant des navires de guerre des croisés postés aux larges des côtes somaliennes".

La communauté internationale, échaudée par ses échecs passés, rechigne à toute intervention directe en Somalie, livré au chaos depuis la chute du régime de Siad Barre en 1991. Mais des pays comme les Etats-Unis ou la France ont fait savoir qu’ils livraient des armes, pour le premier, ou qu’ils aidaient à la formation d’éléments des forces somaliennes, pour le second.

Les shebab ont fait connaître leurs revendications trois jours après avoir subi un sérieux revers, lors d’un raid aéroporté américain qui a visé et tué un chef présumé d’Al-Qaïda présent dans leurs rangs, le Kenyan Saleh Ali Saleh Nabhan. Les shebab avaient promis dès le lendemain de "venger" leur camarade de combat, tué dans un raid mené par deux hélicoptères américains.

Des témoins sur place avaient fait état de la présence d’hélicoptères aux couleurs de la France, mais Paris avait démenti toute implication.

Les prises d’otages sont fréquentes en Somalie, mais elles sont quasiment toujours crapuleuses, et les exigences posées par les shebab constituent une première dans l’histoire récente de ce pays de la Corne de l’Afrique.


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