jeudi 14 décembre 2017

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Les Etats-Unis enterrent le projet de bouclier antimissile

C.J., le Figaro, avec AFP et AP

jeudi 17 septembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Ce revirement dans ce projet de défense américain devrait satisfaire Moscou, qui considérait le bouclier antimissile initié par George W. Bush comme une atteinte à sa sécurité.

Un geste qui devrait réchauffer les relations russo-américaines. Les Etats-Unis renoncent à leur bouclier antimissile en Europe centrale. Le président américain Barack Obama a personnellement téléphoné dans la nuit au premier ministre tchèque Jan Fischer pour lui annoncer la nouvelle, a annoncé ce dernier. De son côté, le Pentagone confirme « un ajustement majeur et une amélioration du système de défense antimissile européen ». Une déclaration officielle devrait intervenir rapidement.

L’abandon de ce projet phare de l’administration Bush n’est pas une surprise, la rumeur courrait depuis plusieurs semaines. Selon le Wall Street Journal, Washington devrait justifier ce revirement en invoquant les progrès plus lents que prévu du programme iranien de missiles à longue portée. « La menace pour le continent américain et les grandes capitales européennes, que le bouclier devait protéger, est donc réduite », affirme le journal qui cite des responsables américains.

Vers une meilleure implication de tous les pays de l’Otan

Le plan de George W. Bush prévoyait notamment le déploiement de radars dans une zone militaire située près de Prague ainsi que l’installation en Pologne de dix intercepteurs de missiles. Au début de l’été, Barack Obama avait ordonné de réexaminer le projet de son prédécesseur. Les nouveaux projets américains amélioreront l’implication de tous les pays de l’Otan, a assuré son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen.

Une solution moins controversée. Moscou voyait dans le bouclier anti-missile une menace : le dispositif, arguait-il, risquait d’interférer avec son propre système de dissuasion nucléaire. Depuis l’annonce en 2008 de négociations sur la mise en place d’ici à 2013 des composants du bouclier entre l’administration Bush, Prague et Varsovie, le dossier empoisonnait les relations russo-américaines et freinait la coopération entre les deux pays. Y compris sur des dossiers indépendants comme l’Afghanistan ou la lutte contre la prolifération nucléaire.

Déception en Pologne

La nouvelle de l’abandon a donc réjoui Moscou. « C’est une bonne nouvelle, cela contribuera au développement de nos relations », déclare-t-on au ministère des Affaires étrangères. La Russie nie avoir conclu tout accord secret en échange de l’abandon du bouclier antimissile, a par ailleurs déclaré le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

La Pologne, qui se méfie de son voisin russe, grince en revanche des dents. La fin de ce projet, s’il se confirme, « serait un échec de la réflexion à long terme de l’administration américaine dans cette partie de l’Europe », a déploré le chef du bureau pour la sécurité nationale de la présidence polonaise. Ce plan « avait non seulement une dimension militaire mais aussi « politique et stratégique ». Toutefois selon des sources de l’administration Obama, Washington devrait laisser la porte ouverte à une reprise du bouclier si l’Iran enregistrait une poussée technologique significative dans la conception de missiles longue portée.


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