dimanche 22 octobre 2017

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L’Iran confirme l’achat à la Russie d’un système antimissile

Le Monde, avec AFP

lundi 5 décembre 2005, sélectionné par Spyworld

L’Iran, soumis à des pressions occidentales à propos de son programme nucléaire, a acheté un système antimissile et a développé lui-même un tel programme, a confirmé Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de la sécurité nationale.

Vendredi 2 décembre, la presse russe a annoncé que l’Iran avait signé un contrat avec la Russie pour l’achat de 29 systèmes antimissile russes Tor M-1 d’une valeur de 700 millions de dollars.

"Nous avons des contrats pour vendre ou acheter des armes avec d’autres pays. Ce n’est pas la première fois que nous signons un accord militaire avec les Russes. Nous avions par le passé des contrats avec la Russie mais aussi avec d’autres pays comme la Chine", a-t-il ajouté.

Interrogé pour savoir si l’achat de ce système signifie que l’Iran craint une attaquer contre ses installations nucléaires, M. Larijani a répondu : "Non. Ce n’est pas la première fois que nous achetons un système antimissile. Nous en fabriquons nous-mêmes." A propos du programme balistique iranien, M. Larijani a déclaré que l’Iran annonçait toujours "la portée des missiles qu’il teste".

L’Iran cherche notamment à "défendre sa centrale nucléaire" que Moscou est en train de construire à Bouchehr, car "Israël a affirmé qu’il examinait la possibilité de lancer des frappes préventives contre ce site", explique pour sa part un professeur de l’Institut russe des relations internationales, Sergueï Droujilovski.

LONDRES, TEL-AVIV ET WASHINGTON PRÉOCCUPÉS

Les Etats-Unis se sont déclarés "préoccupés" par les informations sur la vente de ces systèmes antimissile russes à l’Iran. En visite à Moscou, le numéro trois du département d’Etat, Nicholas Burns, a exprimé le mécontentement de Washington au sujet de cet accord, sur les ondes de la radio Echo de Moscou.

"Nous estimons que l’Iran soutient des terroristes au Moyen-Orient, aux Etats-Unis (...) Vous pouvez comprendre pourquoi nous ne soutenons pas les ventes d’armes à un tel Etat", a affirmé M. Burns.

Le ministre britannique des affaires étrangères, Jack Straw, a accusé l’Iran de chercher à "développer ses missiles de longue portée".

"Il n’y a rien de secret. Les missiles de longue portée ne sont pas toujours militaires. Pour lancer des satellites, il faut des missiles de longue portée", a répondu M. Larijani.

L’Iran améliore constamment la capacité de ses missiles Shahab-3 ("météore" en persan), d’une portée minimale de 2 000 kilomètres et capable d’atteindre Israël.

L’Iran a indiqué fin mai avoir testé avec succès un moteur améliorant les performances de son missile Shahab-3. Ce moteur fonctionne non plus au combustible liquide, mais au combustible solide.

ESSAI RÉUSSI DU HETZ ISRAÉLIEN

Israël a dénoncé dimanche la décision de Moscou. "Lorsqu’un pays vend des armes à l’Iran, il renforce la puissance militaire de ce Etat et sert les intérêts des éléments les plus négatifs dans la région", a affirmé le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères, Marc Regev.

Selon lui,"le régime iranien extrémiste soutient les mouvements terroristes et s’est prononcé récemment contre la paix et la réconciliation dans la région" en faisant allusion au récent appel lancé par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad à "rayer Israël de la carte".

Israël a procédé vendredi avec succès à un nouveau tir d’essai de son missile antimissile Hetz (Arrow). Ce 14e essai a permis d’intercepter un missile comparable aux Shahab-3 dont dispose l’Iran.

"Pour la première fois, nous avons vérifié la capacité du Hetz face au Shahab iranien et ce test a permis de prouver que nous disposons d’une réponse face aux menaces iraniennes", a affirmé dimanche le ministre de la défense, Shaoul Mofaz, à la radio publique.

Jeudi, le premier ministre israélien, Ariel Sharon, avait affirmé qu’"Israël, et pas seulement Israël, ne peut accepter une situation dans laquelle l’Iran serait détentrice de l’arme nucléaire".

Interrogé sur l’option d’une action militaire contre les installations nucléaires iraniennes, M. Sharon avait également affirmé qu’une telle capacité "existe". M. Mofaz avait quant à lui exclu l’option militaire contre le programme nucléaire iranien.


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