dimanche 10 décembre 2017

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Les préfets regrettent le bon temps des RG

Isabelle Mandraud, le Monde

lundi 21 septembre 2009, sélectionné par Spyworld

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Les préfets ont un regret et ils l’ont écrit : ils ne disposent plus d’information politique ! C’est écrit noir sur blanc dans le rapport de synthèse daté du 5 au 11 juin que les préfets ont transmis au gouvernement, ainsi qu’ils le font chaque semaine. "Si l’information sociale et économique reste assurée et permet de prévenir des mouvements sociaux en amont, l’information du préfet dans les domaines politiques et sur la connaissance des personnalités du département apparaît lacunaire ", peut-on lire dans ce document que Le Monde s’est procuré.

Nostalgiques des RG, les préfets ? La note dresse un bilan d’étape sur la réforme qui a abouti, le 1er juillet 2008, à la disparition de la direction centrale des renseignements généraux (DCRG). Une partie de ce service a fusionné avec la direction de la surveillance du territoire (DST) pour donner naissance à la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) ; une autre a donné lieu à la création d’une sous-direction de l’information générale (SDIG). Et le point de vue des préfets sur cette réforme apparaît mitigé.

Les archives des RG, expliquent-ils, manquent. S’ils soulignent "le remarquable travail de numérisation" opéré par l’ex-DCRG, ils assurent que "de nombreux préfets regrettent la perte irrémédiable de nombreuses archives qui vient accentuer le déficit de connaissances historiques de certains dossiers". Et ce changement, poursuit la note, "peut conduire à une déstabilisation des divers interlocuteurs de l’Etat au plan local, avec une perte de contact qui pourrait être préjudiciable".

Autrement dit, les préfets ont parfois le sentiment de piloter à l’aveugle des départements dont ils ne connaissent plus toutes les données, notamment le contexte politique. Les policiers de "l’information générale", héritiers des RG, ont vu leurs missions se recentrer sur l’information sociale, économique, ou encore le suivi des religions. Mais le domaine politique ne faisait déjà plus partie, en théorie, de leur travail, bien avant la réforme. En 1995, le suivi des partis politiques avait été retiré aux RG, souvent qualifiés par le passé de police politique. Puis à partir de 2004, les RG avaient dû également cesser de faire des prévisions électorales. Manifestement, sur le terrain, la vision des préfets ne correspond pas tout à fait aux consignes officielles.


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