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L’Europe de l’espace pourrait aller vers davantage d’autonomie

AFP

lundi 5 décembre 2005, sélectionné par Spyworld

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L’Europe de l’espace pourrait aller vers plus d’autonomie en diminuant sa dépendance vis-à-vis de technologies extérieures, indiquait-on lundi en marge d’une réunion ministérielle de l’Agence spatiale européenne (Esa) à Berlin.

"Nous devons absolument contribuer à consolider la position de l’Europe, à la pointe du savoir", a estimé le ministre néerlandais de l’Economie, Laurens Jan Brinkhorst, en ouvrant lundi le conseil des ministres, présidé par les Pays-Bas. "Cela n’est possible que si l’Europe utilise au mieux les ressources disponibles de l’Esa et des pays membres".

Les ministres chargés de la politique spatiale des 17 pays membres de l’Esa et du Canada, membre associé, doivent décider à Berlin des programmes qui orienteront l’Europe de l’espace dans les trois à cinq ans à venir.

Dans un contexte international peu favorable, alors que diminuent les contrats commerciaux qui rentabilisent les technologies développées grâce à l’argent public, l’Esa propose une série de programmes pour 2006-2010, d’une enveloppe totale de 8,8 milliards d’euros en nouveaux financements (10,4 mds .

Un huitième (1,10 mrd EUR) est prévu pour les lanceurs européens, gros enjeux de politique industrielle (28% des contrats passés par l’Esa en 2004) et garanties d’indépendance pour le lancement des satellites du continent.

Il s’agit de la poursuite de programmes déjà engagés. Mais, surtout, est soumise aux ministres une résolution dans laquelle les pays membres s’engageraient à utiliser les lanceurs européens, qu’il s’agisse des gros lanceurs comme Ariane-5, des petits comme Véga, dont le premier vol est prévu fin 2007, ou des moyens comme les russes Soyouz, lorsqu’ils seront tirés depuis le centre spatial de l’Esa à Kourou, en Guyane française (à l’horizon .

En fonction de la formulation exacte qui sera retenue, ce passage pourrait constituer "un fort signal politique" ou au contraire laisser l’Europe face à la concurrence bon marché de la Russie ou de l’Inde, selon une source proche du dossier.

L’Esa, basée à Paris, veut participer à une future base lunaire habitée et envoyer un robot d’exploration sur Mars, à la recherche de traces de vie présente ou passée. L’Union européenne, avec laquelle l’agence travaille de plus en plus étroitement, compte sur elle pour créer une capacité européenne de surveillance de la Terre (environnement et sécurité).

Mais l’Esa doit opérer dans un mouvement de tarissement des ressources financières en Europe, tandis que s’accroissent les dépenses publiques consacrées à l’espace aux Etats-Unis, en Russie, en Chine et en Inde.

Si l’ensemble des programmes proposés par l’Esa sont adoptés, le budget annuel restera sensiblement inchangé, à quelque 2,8 milliards d’eurosmilliards de dollars), selon le porte-parole de l’agence, Franco Bonacina.

Le budget de la Nasa pour 2006 est, lui, en augmentation de 2,4%, à 16,5 milliards de dollars. La Russie, puissance qui envoie le plus d’objets dans l’espace, dispose d’un maigre budget en comparaison (220 millions USD pour mais l’a accru de 160% en un an.

Dans ce contexte, "l’Europe de l’espace doit se renforcer", estime M. Bonacina. D’où certains programmes proposés à Berlin, peu spectaculaires, mais très significatifs.

L’Esa souhaite ainsi étudier "en profondeur" son éventuelle coopération dans le projet russe d’"avion de l’espace", destiné à desservir la station spatiale internationale (ISS), Clipper. L’un des plus gros projets européens à bord de l’ISS, le laboratoire Columbus, est bloqué par le report des vols de la navette américaine.

Et 200 millions de dollars pourraient être consacrés au développement de technologies de "non-dépendance européenne", notamment dans les composants électroniques et les éléments d’utilisations "duales", civiles et militaires.


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