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L’armée chinoise veut montrer sa force lors du défilé de Pékin

Bruno Philip, le Monde

vendredi 25 septembre 2009, sélectionné par Spyworld

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L’armée chinoise va, à l’occasion du 60e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, dévoiler pour la première fois, lors d’un défilé qui s’annonce spectaculaire, des types d’armements que personne n’a encore vus. C’est un porte-parole du bureau du commandant pour la parade, le général Gao Jianguo, qui vient de le promettre en annonçant, mercredi 23 septembre, que les 52 types d’équipements exposés au regard du public le 1er octobre devant les diplomates et autres attachés militaire "seront 100 % chinois et près de 90 % seront montrés pour la première fois".

Au menu de cette parade inédite, des missiles nucléaires conventionnels et de croisière, des avions de chasse, des drones. Le général a expliqué : "Montrer ces nouveaux armements est une manifestation concrète du progrès et du développement économique et scientifique de la Chine."

Interrogé lors d’un point de presse sur la présence de missiles nucléaires dans le défilé, ce porte-parole a tenu à mettre en évidence la doctrine chinoise : "Nous restons fidèles à notre position. A aucun moment et sous aucune condition nous n’emploierons les premiers l’arme nucléaire." Et d’ajouter : "La Chine a toujours suivi le chemin du développement pacifique et ne cesse de vouloir construire un monde de paix, de prospérité et d’harmonie."

L’un des clous du nouveau matériel militaire montré au public sera le nouvel avion de chasse Chengdu J-10. L’armée pakistanaise en a commandé plusieurs qui devraient être livrés d’ici à cinq ans. Le commandant de l’armée de l’air, Wang Jianmin, a annoncé qu’un de ces appareils survolera le monument aux héros du peuple au centre de la place Tiananmen "avec une marge de déviation maximale de 30 mètres".

Ces dernières années, des experts se sont inquiétés du fait que le budget de l’Armée populaire de libération (APL) a suivi une croissance à deux chiffres. Mais ce budget ne représentait toutefois guère plus, en 2006, que 7 % de son équivalent aux Etats-Unis. Ces experts estiment que les sommes annoncées ne correspondent pas aux chiffres réels, qui pourraient être de l’ordre de 70 milliards de dollars l’an.

Une grande partie des sommes dévolues à l’APL l’a été pour moderniser des équipements et améliorer des systèmes de communication. Le nombre de soldats chinois a été ramené à 2,3 millions - sans compter le million de réservistes - mais il faut prendre en compte que la Chine partage environ 8 000 km de frontières avec la Russie et l’Inde. L’armée de l’air chinoise, si elle peut représenter une menace réelle pour Taïwan, n’inspire aucune inquiétude aux Américains, dont les spécialistes font valoir qu’une grande partie des avions - du matériel russe - a plus de quarante ans.

Un rapport du Pentagone publié en 2008 prévenait que la modernisation de l’armée chinoise et ses recherches sur les systèmes antisatellites pouvaient, à terme, constituer une menace pour les Etats-Unis. Mais le rapport insistait aussi sur le fait que la Chine ne sera pas capable avant 2015 de "projeter et de subvenir aux besoins de petites unités engagées dans des combats se déroulant loin de ses frontières ". Les services de renseignement américains se disent persuadés que Pékin n’a pas la capacité, en termes de moyens de transport, de mener à bien une invasion de Taïwan.

Approvisionnement pétrolier

Sur le plan logistique, la dépendance croissante de la République populaire en approvisionnement pétrolier (l’écrasante majorité des 4 millions de barils par jour qu’elle importe quotidiennement passe par le détroit de Malacca et celui de Lombok-Makassar, en Indonésie), la rend potentiellement vulnérable à d’éventuels blocages de ces routes d’approvisionnement.

La marine chinoise est en cours de modernisation et étudie un projet de porte-avions. Mais jusqu’à présent, la marine - et l’armée dans son ensemble - ont plutôt été perçues comme un "tigre de papier" outre-Pacifique, pour employer une vieille expression maoïste. Des spécialistes estiment aussi que la doctrine sur Taïwan a peut-être changé : l’APL penserait à un scénario privilégiant l’utilisation de missiles et d’avions, sans qu’il soit indispensable d’envoyer d’importants détachements de l’armée de terre sur l’île "rebelle".

Le programme chinois de développement de systèmes de missiles balistiques dirigés contre des navires et basés sur terre, d’une portée de 1 500 à 2 000 km, pourrait être une preuve significative de la montée en puissance de la capacité militaire de la Chine. Le défilé du 1er octobre sera l’occasion d’en fournir l’illustration.


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