dimanche 22 octobre 2017

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Fillon double le budget dédié à la vidéosurveillance

J.B., le Figaro, avec AFP et AP

samedi 3 octobre 2009, sélectionné par Spyworld

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Le premier ministre a présenté vendredi un plan de prévention de la délinquance et d’aide aux victimes consistant en un renforcement de mesures existantes.

C’est la conséquence de l’avertissement lancé par Nicolas Sarkozy fin mai, et répété en septembre, après l’annonce d’une baisse des résultats dans le cadre de la lutte contre la délinquance. François Fillon a présenté vendredi à l’issue d’un comité interministériel qu’il a tenu à Villeneuve-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine, un plan dit de prévention de la délinquance et d’aide aux victimes. Plan constitué principalement d’un renforcement de dispositifs déjà existants. François Fillon a d’ailleurs voulu se justifier sur ce sujet en expliquant : « La prévention de la délinquance, c’est une action de long terme (...) c’est une action qui ne se satisfait pas de coups d’éclat ».

Le premier ministre a ainsi annoncé l’augmentation du budget consacré à la vidéosurveillance, le gouvernement préférant parler de « vidéoprotection », qui passera de 10-12 millions à 20 millions d’euros en 2010. Cet argent doit servir aux communes pour installer et exploiter les systèmes de caméras. En outre, « la mise en place des systèmes de vidéoprotection va être facilitée » par la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (LOPPSI) qui sera « bientôt » débattue au Parlement, a promis le chef du gouvernement. Les municipalités pourront notamment mutualiser les coûts des centres de supervision. Objectif : endiguer les violences aux personnes qui ont augmenté de 5% en un an, selon le rapport de l’Observatoire national de la délinquance (OND) publié en août. Pour prévenir les cambriolages, qui ont augmenté de 12% sur un an selon l’OND, le chef du gouvernement a annoncé l’extension des « opérations tranquillité-vacances » à touts les congés scolaires, au-delà de l’été.

« Un plan de plus »

En outre, « la sanctuarisation des établissements scolaires » souhaitée par Nicolas Sarkozy va se poursuivre. François Fillon a ainsi confirmé que le personnel d’encadrement scolaire serait « formé à la sécurité et à la gestion de crise » et que chaque académie serait dotée d’ici la fin de l’année d’une « équipe de soutien » pour « venir appuyer les équipes de direction qui rencontrent des difficultés particulières ». Ces mesures, déjà annoncées en juin, ont fait l’objet d’un accord de partenariat signé en septembre entre les ministères de l’Education nationale et de l’Intérieur.

Ce plan comprend également un volet pour contrecarrer la récidive des mineurs. Le premier ministre a souhaité la systématisation des « contrats d’insertion » pour tous les jeunes sortants de détention. Pour assurer ce suivi, le gouvernement veut faciliter les échanges d’informations nominatives au sein des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance. Il entend assouplir la notion de secret professionnel pour que les informations puissent être partagées entre travailleurs sociaux, enseignants et forces de l’ordre. Enfin, « les victimes doivent demeurer au coeur des préoccupations », a insisté François Fillon, promettant l’extension des « guichets uniques d’aide aux victimes » aux 50 juridictions à l’activité pénale la plus importante, contre 11 aujourd’hui.

Réagissant à l’annonce de ce nouveau plan, l’Unsa-police (premier syndicat de gardiens de la paix) a ironisé sur le mode « un de plus ». « Je suis un peu sceptique sur la vidéosurveillance », a réagi Philippe Capon, secrétaire général du syndicat. Soulignant que 100 caméras qui enregistrent des images dans une ville 24h/24 donnent des bandes innombrables. « Qui va en assurer l’exploitation derrière et comment ? ». Le syndicaliste a cependant salué « l’amélioration du suivi individuel des mineurs délinquants ». D’après lui, cela pourrait permettre de mieux identifier les véritables délinquants pour tenter de les « réinsérer dans une vie sociale normale ». Côté PS, on a déploré « un flop total », selon les mots de la député Delphine Batho, spécialiste des questions de sécurité au PS. Celle-ci déplore « l’indigence des mesures annoncées, qui pour l’essentiel ne sont pas des nouveautés mais du réchauffé ».


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