dimanche 22 octobre 2017

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Téhéran organise la visite de son site nucléaire de Qom

Maurin Picard, le Figaro

lundi 5 octobre 2009, sélectionné par Spyworld

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L’usine d’enrichissement d’uranium ouvrira ses portes aux inspecteurs de l’AIEA le 25 octobre.

Après la consternation, le soulagement. Satisfaites d’avoir arraché à l’Iran la promesse de négociations prochaines sur son programme nucléaire, les grandes puissances du groupe dit des « 5 + 1 » (États-Unis, France, Chine, Russie, Grande-Bretagne et Allemagne) ont obtenu dimanche la certitude que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) inspectera dès le 25 octobre l’usine d’enrichissement d’uranium proche de la ville de Qom, à 100 km au sud de Téhéran et dont l’existence a été révélée le 25 septembre.

Cette concession faite par Téhéran jeudi dans le cadre de pourparlers menés avec les « 5 + 1 » à Genève a été confirmée par le directeur général de l’AIEA, Mohammed ElBaradei, venu samedi dans la capitale iranienne. Aux Occidentaux qui exigeaient un accès « complet et immédiat » à Qom, redoutant que documents et matériels compromettants en fussent escamotés, les Iraniens ont répondu avec un souci de transparence jusqu’ici peu évident. Mais la visite du 25 octobre ne s’apparentera pas à une « mission d’inspection » en bonne et due forme, à l’instar de celles menées en territoire iranien depuis le début des investigations en février 2003.

À ce titre, elle ne devrait pas être autorisée à placer des caméras de surveillance comme dans les souterrains de Natanz, l’autre usine d’enrichissement d’uranium, à 250 km au sud de Téhéran, où sont déjà assemblées plus de 8 000 centrifugeuses, dont 4 592 seraient pleinement opérationnelles.

Inlassable promoteur de la voie diplomatique pour régler la question nucléaire iranienne, Mohammed ElBaradei n’a pourtant pu empêcher la divulgation partielle d’une analyse accablante pour l’Iran rédigée par ses propres services, tendant à prouver que l’Iran cherche à modifier des missiles balistiques Chahab-3 pour loger des ogives nucléaires et procède à des essais de détonateurs pour celles-ci.

Le New York Times a fait état samedi d’indiscrétions de certains diplomates ayant pu accéder à ce document intitulé « Possible dimension militaire du programme nucléaire iranien ».

Dessein préoccupant

Affirmant que Téhéran a conquis « suffisamment de connaissances pour pouvoir élaborer et fabriquer » une bombe atomique « fonctionnelle », le rapport s’appuie sur les intrusions informatiques réalisées par les services secrets occidentaux, les trouvailles de terrain, les renseignements fournis par le général Ali Reza Askari, un déserteur issu des rangs des gardiens de la révolution, les cerbères du programme nucléaire iranien, et ceux contenus dans un ordinateur portable exfiltré par un transfuge non identifié. Selon certaines sources, ces deux individus n’en feraient qu’un.

S’affichant aux côtés du négociateur nucléaire en chef iranien, Ali Akbar Salehi, ElBaradei s’est réjoui que les relations irano-occidentales évoluent du stade de la « conspiration » à celui de la « coopération ». « Il est important pour nous d’envoyer nos inspecteurs faire une visite globale du site d’enrichissement en question et de nous assurer que celui-ci est construit pour des raisons pacifiques », a-t-il ajouté.

Les grandes puissances, qui ont convenu de retrouver l’Iran « avant la fin du mois » pour de nouvelles négociations visant à lui faire abandonner un dessein préoccupant pour l’équilibre stratégique au Moyen-Orient, aimeraient en avoir rapidement la certitude.


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