samedi 21 octobre 2017

Accueil du site > Défense > France > Le SeaKeeper ne surveillera pas le goulet de Brest

Le SeaKeeper ne surveillera pas le goulet de Brest

Mer et Marine

mercredi 7 décembre 2005, sélectionné par Spyworld

logo

DCN n’est pas parvenue à placer son nouveau drone naval au sein de la Marine nationale. Le marché de modernisation du système de lutte contre les mines dans le goulet de Brest a été remporté par Thales. L’électronicien s’est imposé avec une offre de nouveaux sonars et de remise à niveau des matériels embarqués sur les BRS (bâtiments remorqueurs de sonars), qui assurent la sécurité de la Force Océanique Stratégique (FOST), dont les quatre sous-marins nucléaires sont basés à l’Ile Longue. Thales Underwater Systems équipera les BRS Antarès, Altaïr et Aldébaran d’un sonar DUBM-44, en remplacement du DUBM-41, capable de détecter des engins explosifs à 80 mètres de profondeur. La solution retenue par le ministère de la Défense est donc des plus classiques. Au sujet du SeaKeeper, la Marine nationale explique toutefois que « l’appel d’offre ne concernait pas qu’un drone mais surtout la fourniture de nouveaux sonars. L’engin ne pouvait être choisi qu’à partir du moment où il entrait dans le budget ». Avec une enveloppe de seulement 34 millions d’euros, le challenge était très difficile. Ne fabriquant pas de sonars, et sans partenariat avec Thales, DCN n’avait finalement guère de chances de l’emporter.

Les Etats-Unis à la rescousse ?

Faute d’argent, la France passe donc à côté d’une avancée technologique non négligeable. Malgré l’échec de ce premier contrat, SeaKeeper n’est toutefois pas enterré. Le système a en effet retenu toute l’attention de l’US Navy, lors d’une campagne d’essais à Corpus Christi, les 29 et 30 juin derniers. Les officiers américains se sont dits particulièrement impressionnés par les performances du drone français, engagé dans l’exercice de protection des approches maritimes « Homeland Defense ». Au-delà des mots, l’intérêt des Etats-Unis est bien réel puisque, après le passage de Katrina, l’armée américaine a demandé à DCN de déployer le SeaKeeper afin d’assurer la sécurité des ports du golfe du Mexique, ravagés par l’ouragan. Alors que Lockheed Martin ne parvient pas à mettre au point un appareil équivalent, DCN espère remporter son premier marché de l’autre côté de l’Atlantique. D’autres pays, dont on ne connaît pas l’identité, seraient également intéressés. Drone semi-submersible, le SeaKeeper est un engin imposant. D’un poids de 7 tonnes, il mesure 11 mètres de long pour une hauteur de 8 mètres. Autonome en opération, le SeaKeeper est téléopéré depuis un shelter (centre de commande amovible), embarqué sur un navire ou installé à quai. Il remorque un sonar à balayage latéral capable de détecter et de classifier les mines dans un rayon de 150 mètres. L’ensemble du système, comprenant le drone, le shelter de commande et les différents équipements nécessaires, est aérotransportable à n’importe quel point du globe, en moins de 72 heures.

Lot de consolation

Le SeaKeeper non retenu, DCN a toutefois remporté l’appel d’offres organisé par la Délégation Générale pour l’Armement (DGA) sur l’intégration navale des drones (IND). Ce contrat d’étude, d’une valeur de 3,6 millions d’euros, a pour objectif d’évaluer l’ensemble des contraintes physiques et fonctionnelles liées à l’embarquement de drones aériens (UAV) sur les navires de combat. Ce projet stratégique aura des applications directes sur le programme des futures frégates multi-missions et pour des contrats à l’export. Pour mener à bien cette étude, DCN fera appel à Sagem et à l’Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales (ONERA).


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :