mardi 24 octobre 2017

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Sarkozy défend la nouvelle carte militaire

Guillaume Perrault, le Figaro

jeudi 8 octobre 2009, sélectionné par Spyworld

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En Moselle, durement touchée par la fermeture des sites militaires, Nicolas Sarkozy a évoqué avec les élus les mesures d’accompagnement des restructurations.

Le président de la République, qui s’est rendu jeudi à Woippy, dans l’agglomération de Metz (Moselle) pour évoquer avec les élus « l’accompagnement des restructurations de défense et du développement des territoires », a notamment justifié la réforme des cartes militaires. « Si je ne peux pas toucher à la carte militaire, si je ne dois pas toucher à la carte judiciaire, qui elle-même n’avait pas changé depuis 1958, si je ne dois même pas évoquer le nom de la carte hospitalière, comment ferons-nous pour réduire les dépenses publiques, pour arrêter de faire peser des charges sur le travail des Français et pour empêcher les délocalisations ? Comment ferons-nous ? », a insisté le chef de l’Etat, qui est aussi chef des armées.

Le nord-est du pays, où de nombreux régiments sont stationnés depuis les lendemains de la guerre de 1870, pâtit au premier chef de la réforme de la carte militaire engagée l’an dernier. Le 1er et le 2e régiments du génie, respectivement basés à Illkirch (Bas-Rhin) et à Metz seront dissous. Les bases aériennes de Meyenheim (Haut-Rhin) et d’Essey (Meurthe-et-Moselle) fermeront leurs portes. D’autres restructurations suivront dans le Nord-Est les années suivantes. Plus de sept mille militaires de carrière et personnels civils de l’armée devraient quitter la seule région Lorraine.

« Nos implantations ne doivent plus être le résultat de choix du passé mais directement liées à nos besoins stratégiques », argumente le ministre de la Défense, Hervé Morin. Au total, le gouvernement prévoit de supprimer 83 sites - une majorité de casernes, onze bases aériennes et une base aéronavale - dans l’ensemble du territoire d’ici à 2014. Vingt régiments et bataillons devraient être dissous. Trente-trois unités et services de l’armée déménageront. Un grand chambardement qui s’explique aussi par l’objectif du gouvernement de diminuer à terme les effectifs de l’armée de 54 000 postes.

Le maintien des bases aériennes

En contrepartie, une soixantaine de sites militaires verront leurs effectifs augmenter. Et les bases aériennes maintenues compteront quarante avions en moyenne, contre trente actuellement.

« Les restructurations des emprises militaires sont menées en concertation avec les élus pour élaborer des plans de relance », précise Hervé Morin . Le gouvernement prévoit de céder terrains et bâtiments aux collectivités locales pour un euro symbolique. Le ministère prendra en charge la dépollution des sites. Il appartiendra aux élus locaux de chercher des entreprises ou de réaliser des aménagements avec le concours de l’État. En dépit des exonérations de charges et d’impôts prévues, les sociétés qui envisageaient de s’installer sur les sites en passe d’être libérés semblent aujourd’hui très prudentes, crise économique oblige.

Quelque 320 millions d’euros seront accordés par l’État aux villes qui perdront leur garnison. Cinq conventions d’aménagement ont déjà été signées avec les communes de Givet (Ardennes), Arras (Pas-de-Calais), Barcelonnette (Alpes-de-Haute-Provence), Briançon (Hautes-Alpes) et Sourdun-Provins (Seine-et-Marne). L’installation de services de l’État est aussi prévue dans quelques communes comme Metz et Cambrai (Nord).

Le choix de Woippy, gérée par le député-maire UMP François Grosdidier, a suscité la polémique. Aurélie Filippetti, députée PS de la Moselle, a accusé Nicolas Sarkozy « d’ignorer Metz, qui est la principale ville touchée par les restructurations militaires ». « C’est une erreur, voire un reniement », a affirmé le maire (PS) de Metz Dominique Gros.


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