lundi 23 octobre 2017

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La police exploite le filon des sites islamistes

Jean-Marc Leclerc, le Figaro

samedi 10 octobre 2009, sélectionné par Spyworld

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Le scientifique arrêté jeudi serait lié aux « filières afghanes ». La police surveille de près ce réseau et a déjà procédé à vingt interpellations depuis un an.

On l’appelle la « méthode Bru­­guière ». L’ancien juge coordinateur de la lutte antiterroriste en France, Jean-Louis Bruguière, l’avait mise au point « pour frapper la mouvance islamiste avant qu’elle ne nous frappe ». Le principe est simple : la police, bien renseignée, épie dans l’ombre tous ceux qui concourent de près ou de loin à un projet subversif visant les ressortissants ou les intérêts français.

Elle accumule preuves et indices, à coups d’écoutes téléphoniques, d’espionnage des courriels, des SMS, de chasses photographiques et autres filatures. Et quand elle estime que la besace est assez remplie ou que l’urgence dicte d’intervenir, la justice donne le top départ des arrestations. Celles-ci devront se dé­rouler en même temps, parfois dans plusieurs pays différents, pour s’assurer que des suspects ne vont pas prendre la fuite en apprenant les déboires de leurs comparses.

Dans le cas des dernières interpellations de l’Isère, la police a misé sur un homme au profil as­sez unique - un chercheur, dans le nucléaire qui plus est - pour tenter de remonter à d’éventuels complices de son calibre intellectuel. Cet individu est sorti du chapeau des « filières afghanes », ce dossier tentaculaire ouvert sous Bruguière et qui a déjà conduit des dizaines d’islamistes à devoir se justifier devant la justice à Paris ou à Bruxelles.

Un tentacule qui repousse sans cesse

Quinze personnes ont été interpellées fin 2008-début 2009, en Belgique et en France, puis cinq autres en mai dernier dans la région lyonnaise. Ce groupe est soupçonné d’être lié aux activités d’un site Internet de propagande islamiste basé en Belgique. Ses animateurs fournissaient des informations pratiques aux candidats désireux d’aller combattre en Af­ghanistan et recrutaient des donateurs.

Fermé par les autorités, ce site Internet renaît pourtant régulièrement sous d’autres noms ail­leurs sur la Toile, comme un tentacule qui repousse sans cesse. Il témoigne bien sûr de la vivacité du prosélytisme islamiste. Mais n’est-il pas aussi une chance pour la police et les services de renseignement qui trouvent ainsi un angle pour traquer ceux qui sont susceptibles un jour de passer à l’action ?

Le dossier des « filières afghanes » n’est pas au bout de ses surprises. Personnage clé de ce réseau, Malika el-Aroud, aujourd’hui incarcérée, s’y est illustrée pour avoir fait l’apologie de la violence et livré des recettes d’explosif sur Internet. Elle n’est autre que l’ex-femme du tueur du commandant Massoud.


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