lundi 16 octobre 2017

Accueil du site > Technologie > La biométrie peut être utilisée pour des gestes quotidiens

La biométrie peut être utilisée pour des gestes quotidiens

Pierre Barthélémy, le Monde

mercredi 7 décembre 2005, sélectionné par Spyworld

logo

La biométrie s’infiltre dans les objets du quotidien. Rappelez-vous cette scène de Minority Report, le film de Steven Spielberg. Entrant dans un centre commercial, le héros incarné par Tom Cruise est instantanément identifié par des caméras reconnaissant son iris. Du coup lui sont proposées des publicités adaptées à son profil de consommateur. Plus tard, poursuivi par la police, Tom Cruise se fait changer les yeux afin de prendre l’identité d’un autre et de circuler incognito dans la ville... Science-fiction ? Pas tant que cela, comme le montre l’actualité : le 17 novembre, un "commando" d’étudiants a détruit des bornes d’accès à la cantine d’un lycée de Gif-sur-Yvette (Essonne) fonctionnant grâce à la forme de la main. Et, au début de 2006, la France devrait délivrer ses premiers passeports intégrant dans une puce la géométrie du visage du voyageur.

La biométrie, cet ensemble de techniques d’identification fondées sur la mesure du corps, est de moins en moins l’apanage des romans d’espionnage, des grands systèmes de sécurité étatiques ou des entreprises dites sensibles. Elle commence à infiltrer les objets du quotidien et les spécialistes du secteur proposent pléthore de procédés : empreintes digitales, iris, voix, forme de la main ou du visage, mais aussi réseau sanguin de la rétine ou de la main, et, bientôt peut-être, l’ADN, comme dans le film d’anticipation d’Andrew Niccol Bienvenue à Gattaca.

Il ne faut pas oublier la biométrie comportementale, dont le plus bel exemple est la dynamique de votre façon de signer, qui s’apprécie avec un stylo rempli de capteurs. Toutes ces caractéristiques se mesurent et toutes vous sont propres.

Malgré cette large palette, force est de constater que les industriels privilégient la plus ancienne et la plus éprouvée des techniques : l’empreinte digitale. En un curieux retournement de tendance, son côté policier qui a longtemps fait sa mauvaise réputation semble rassurer aujourd’hui, comme un synonyme technologique de sécurité. Le principe développé par Alphonse Bertillon, directeur du service de l’identité judiciaire au début du XXe siècle, a toujours cours : les lignes dites papillaires qui courent sur la dernière phalange de vos doigts se croisent ou s’interrompent, formant un réseau de points, aussi appelés minuties. Une quinzaine de ces minuties suffisent pour vous identifier sans coup férir et sans risque de confusion avec une autre personne.

LE CODE SUR LE BOUT DES DOIGTS

L’acquisition des données ne se fait plus avec de l’encre et du papier. Les fiches dactyloscopiques chères au fondateur de la police scientifique sont tombées en désuétude. Aujourd’hui, tout s’effectue proprement, grâce à une petite cellule scannant l’extrémité de votre doigt. De taille modeste, cet outil s’est intégré sans peine à nombre de dispositifs, ce qui permet à l’utilisateur de se passer de ses clés et d’oublier les codes secrets qui encombrent son cerveau. La clé, le code, il les a sur le bout des doigts. Plus de problème pour ouvrir sa porte d’entrée (serrure biométrique à partir de 692 ¤ sur le site www.e-biometrie.com), son coffre-fort (584 ¤) ou son attaché-case (548 ¤) : un coup de pouce et c’est bon. Autre secteur où les mots de passe à retenir sont monnaie courante, l’informatique. Clés USB, disques durs externes et souris se dotent de lecteurs d’empreintes digitales pour empêcher un curieux d’entrer dans votre ordinateur ou vos mémoires.

Quant à votre voiture, elle peut aussi se passer de clé et vrombir au doigt ou à l’oeil. La société United Linkers propose ainsi, en Amérique du Nord et en Asie, de coupler l’ouverture des portières et le démarrage de l’auto à des capteurs biométriques. Il en coûte entre 341 et 770 ¤ pour un système à base d’empreintes digitales et 1 885 ¤ pour un procédé scannant l’iris et le réseau sanguin de la rétine. En souhaitant toutefois au conducteur que ne lui arrive pas la mésaventure de M. Kumaran, ce Malaisien auquel un gang de voleurs de voitures a tranché le doigt, au mois de mars, pour lui subtiliser sa Mercedes... Cela aurait pu être inutile car la plupart des cellules, équipées de capteur de température, d’humidité et de pression sanguine, différencient un index mort d’un index vif. Mais c’est sans doute trop demander à un gangster de lire les notices techniques d’un capteur biométrique...


Biométrie, le corps identité

à la Cité des sciences et de l’industrie (30, avenue Corentin-Cariou, 75019 Paris). Jusqu’au 5 novembre 2006. Ouvert du mardi au samedi de 10 heures à 18 heures et le dimanche jusqu’à 19 heures. Entrée 7,50 ¤, gratuit pour les enfants de moins de 7 ans. Rens. 01-40-05-80-00.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :