mercredi 13 décembre 2017

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Japon : le ministre de la Défense juge "humiliant" le statut des bases américaines

AFP

jeudi 15 octobre 2009, sélectionné par Spyworld

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Le ministre japonais de la Défense Toshimi Kitazawa déclare que le nouveau gouvernement de centre-gauche va réviser le statut des soldats américains basés au Japon qu’il qualifie d’"humiliant" pour la population.

Lors d’une interview accordée jeudi à l’AFP, le ministre déclare qu’il abordera cette question lors de la venue du secrétaire américain à la Défense Robert Gates la semaine prochaine à Tokyo.

En revanche, il juge difficile de déménager dans une autre partie du Japon la base aérienne américaine de Futenma, située sur l’île d’Okinawa, et qui doit être transférée sur un nouveau site dans le nord de l’île d’ici 2014, malgré l’opposition d’une partie de la population.

Soulignant "l’extrême importance" du traité de sécurité qui unit les Etats-Unis et le Japon depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, le ministre souligne toutefois que le gouvernement du Premier ministre Yukio Hatoyama veut "construire une nouvelle relation répondant aux exigences de l’époque actuelle".

L’élection triomphale le mois dernier de M. Hatoyama, président du Parti Démocrate du Japon, a mis fin à plus de 50 ans de domination des conservateurs, inféodés aux Etats-Unis. M. Hatoyama a déclaré qu’il souhaitait établir une relation "d’égal à égal" avec Washington à l’occasion de la visite à la mi-novembre au Japon du président américain Barack Obama.

M. Kitazawa déclare qu’il veut avoir "une discussion franche" avec M. Gates à propos de la présence américaine sur l’île d’Okinawa (sud) qui accueille plus de la moitié des quelque 47.000 soldats américains basés au Japon.

La base de Futenma située actuellement dans une zone urbaine surpeuplée suscite la colère des riverains, ulcérés par les nuisances sonores et les incidents à répétition avec les soldats depuis notamment le viol collectif d’une fillette de 12 ans en 1995.

Selon le Statut des forces américaines au Japon datant de 1960, les soldats ayant commis des crimes relèvent de la juridiction américaine et non pas japonaise. Seuls les suspects de crimes graves sont censés être remis aux autorités japonaises, mais seulement après que leur inculpation eut été prononcée.

"Les habitants d’Okinawa dans leur ensemble ressentent cet accord comme une humiliation", explique M. Kitazawa. "Nous allons proposer sa révision lors de la venue de M. Gates." "Les gens qui vivent près des bases américaines nous disent +s’il vous plaît, fermez les bases américaines, arrêtez les nuisances sonores+", poursuit-il. "Nous voulons mettre un terme aux souffrances et au fardeau endurés par les habitants d’Okinawa (...) qui placent de grands espoirs de changement sur le nouveau gouvernement".

La population locale s’oppose au déménagement de Futenma sur une baie du nord d’Okinawa et le Premier ministre a lui-même répété qu’il souhaitait le départ de la base de l’île d’Okinawa, voire même du Japon si possible. Le ministre de la Défense est sur ce point plus prudent, évoquant les réticences des autres préfectures du Japon.

"Déplacer la base en dehors d’Okinawa, mais pour la mettre où ?", demande-t-il. "Il est très difficile de trouver un autre endroit".

Au sujet de la mission de la marine japonaise dans l’Océan Indien, en soutien à la coalition internationale en Afghanistan, le ministre confirme que les autorités américaines ont été officiellement informées de son arrêt en janvier.

Selon lui, "le soutien le plus réaliste que le Japon peut offrir à l’Afghanistan est un soutien civil", citant comme exemple le transport par l’armée de l’air japonaise de l’aide aux réfugiés afghans au Pakistan.


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