mardi 17 octobre 2017

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MI 5, un siècle de renseignement britannique, l’histoire officielle

Valérie Lainé, RFI

vendredi 16 octobre 2009, sélectionné par Spyworld

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« Military Intelligence Section 5 », le service de renseignement britannique chargé de la sécurité intérieure et du contre-espionnage s’est offert pour son centième anniversaire, célébré cette année, la publication d’un livre sur sa propre histoire. The Defense of the Realm, the Authorized History of the MI5 (La défense du Royaume, l’histoire autorisée du MI5).

Un livre de commande

C’est un ancien directeur du service, Stephen Lander, qui a passé commande de l’ouvrage en 2002 à Christopher Andrew, professeur d’Histoire à l’université de Cambridge. L’auteur a pu accéder à près de 400 000 dossiers des services secrets. Le résultat, un ouvrage de quelque 1 000 pages, documenté au long de sept années, raconte l’histoire de cette quête du renseignement britannique depuis la veille de la Première Guerre mondiale jusqu’à la lutte en ce début du 21ème siècle contre le terrorisme islamiste.

L’Allemagne cible la plus ancienne

Les adversaires du pays nécessitant une surveillance ont évolué au fil du temps. A l’origine de leur création, les services secrets s’intéressent à l’Allemagne. Ils luttent contre l’espionnage de l’empire et, quand la guerre éclate, travaillent notamment au maintien de l’Italie dans le camp des Alliés contre l’Allemagne. C’est en tout cas ce qu’affirme le journal The Guardian qui affirmait ce mercredi que le MI5 avait à cette époque rétribué Benito Mussolini, alors directeur d’un journal populaire Il Populo d’Italia afin que son titre fasse campagne pour maintenir l’Italie en guerre. Le futur dictateur fasciste aurait été payé à partir de l’automne 1917 quelque 100 livres par semaine, l’équivalent de 6 400 euros actuels par semaine.

Par la suite ce sont les réseaux pro-nazis en Angleterre qui attirent l’attention des services. Parmi les révélations de l’ouvrage qui vient d’être publié, le MI5 avertit, avant le déclenchement du second conflit mondial en 1938, le Premier ministre de l’époque, Neville Chamberlain, qu’Adolf Hitler l’a traité de « trou du cul » en dépit de sa politique d’apaisement avec l’Allemagne.

Un intérêt croissant pour l’est du continent

C’est ensuite l’Union soviétique et le communisme qui prennent le relais de cible privilégiée. Même le futur Premier ministre travailliste, Harold Wilson, fait l’objet d’une surveillance quand il est élu en 1945 à la Chambre des Communes tout comme certains syndicalistes, y compris sous l’ère de Margaret Thatcher. Mais le renseignement n’empêche pas de graves échecs comme l’incapacité du MI5 à déjouer l’espionnage réalisé par le groupe de Cambridge qui travailla pour l’Union Soviétique des années 30 aux années 50 en pleine guerre froide. En 1971 match retour, la découverte de réseaux du KGB en Grande Bretagne se solde par l’expulsion de 90 « diplomates » soviétiques.

La lutte contre les attentats

Les nationalistes irlandais composent un groupe particulièrement surveillé responsable de nombreux attentats sur le territoire britannique puis les réseaux islamistes occupent le devant de la scène notamment depuis le 11 septembre 2001. Accusés de complicité dans les mauvais traitements infligés à des suspects à l’étranger, les services britanniques se sont récemment défendus en arguant que leur connaissance des rouages d’al-Qaïda était insuffisante et qu’il leur fallait s’appuyer sur l’aide de services étrangers y compris américains pour éviter de nombreux morts. Un argument qui a pu porter dans un pays où quatre attentats-suicide commis simultanément avait tué 52 personnes à Londres en juillet 2005.


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