lundi 11 décembre 2017

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Artist, première expérimentation de la bulle opérationnelle aéroterrestre

DGA, Ministère de la Défense

jeudi 22 octobre 2009, sélectionné par Spyworld

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Artist, la première expérimentation en conditions réelles du programme d’études amont BOA (bulle opérationnelle aéroterrestre) s’est déroulée du 12 septembre au 2 octobre en Allemagne. Organisée conjointement par la direction générale de l’armement (DGA) et le BWB (équivalent de la DGA en Allemagne), l’opération a réuni, outre la DGA, des fantassins allemands et français et des industriels impliqués dans le projet (Thales, Nexter et Sagem du côté français).

Pour Willy Lamal, manager du programme d’études amont (PEA) démonstrateur BOA et responsable de l’expérimentation à la DGA, « l’opération est très réussie car nous avons, de fait, démontré que l’interopérabilité entre deux armées de nationalités différentes était possible aux bas échelons tactiques ». Cela signifie que des unités opérationnelles peuvent se comprendre par la seule utilisation de messages et de symboles, faisant fi de la barrière de la langue, sans obligatoirement remonter à l’échelon hiérarchique du commandement. Bien sûr, il reste à savoir quel degré d’autonomie chaque armée est prête à donner aux fantassins sur le terrain dans le respect des doctrines respectives.

Artist, un arrangement technique signé en 2005 entre la France et l’Allemagne, est la première expérimentation terrain du PEA démonstrateur BOA (voir encadré en bas de page). « Le démonstrateur BOA permet de préparer des éléments utiles au programme Scorpion, explique Willy Lamal. Il évalue de nouveaux systèmes à l’horizon 2015/2025 et apporte sa contribution à la réduction des risques pour Scorpion. C’est pourquoi l’objectif d’Artist était de tester les premiers concepts issus de BOA en conditions réelles. »

Une soixantaine de personnes, moitié allemandes, moitié françaises, s’est réunie pendant trois semaines à Bonnland, un bourg situé à 100 km à l’est de Francfort. Ce village réquisitionné par les armées hitlériennes dans les années trente pour l’entraînement des forces est toujours utilisé et a servi de cadre à l’expérimentation Artist.

Pour exécuter cette mission, des fantassins du 1er RTIR d’Epinal étaient présents et partiellement équipés de la tenue Felin. Côté allemand se trouvait le combattant du futur, IdZ (Infantriest der Zukunft). D’importants moyens ont été mis en œuvre par les deux nations, nécessitant une imposante logistique : le démonstrateur Devin de l’ETAS, le drone allemand Recopter, les deux robots REC et PRM du PEA Miniroc, le minirobot allemand Telemax et trois véhicules blindés (AMX-10 VOA modifié, Panther et Wiesel 2 Digital).

D’Artist à Tactic

Les trois scénarios prédéfinis autour de la prise d’un village se sont déroulés sans accrocs dans ce bourg plus vrai que nature, pourvu d’eau et d’électricité, où quelques bâtisses ont été transformées en « maisons de poupées », les façades étant ôtées afin que l’action des fantassins puisse être suivie de l’extérieur.

Autre satisfaction pour Willy Lamal « nous avons pu mettre en œuvre des scénarios libres qui n’étaient pas prévus dans le canevas d’Artist, sur deux demi-journées. Ces scénarios ont permis de valider la capacité de prise en charge rapide de matériels innovants par les fantassins du 1er RTIR, les militaires ayant déjoué les pièges qui leur étaient tendus dans ces scénarios improvisés. »

Dans la prochaine expérimentation Tactic, franco-française cette fois-ci et prévue en 2012, Willy Lamal espère aller plus loin dans l’analyse des scénarios libres permettant l’évaluation de la maturité et de la pertinence des matériels, fonctions et systèmes pour une éventuelle prise en compte dans le programme Scorpion.

De BOA à Scorpion

Lancé début 2006, le PEA « démonstrateur BOA » permet la réalisation d’un démonstrateur pour l’armée de terre s’articulant autour de trois thèmes technologiques majeurs de la numérisation du champ de bataille :

- la vétronique, c’est-à-dire l’électronique embarquée dans les véhicules ;
- le logiciel opérationnel qui permettra la mise en réseau de plates-formes pour la conduite du combat ;
- la robotique terrestre.

Ainsi, BOA prépare des éléments utiles au programme Scorpion en charge de l’acquisition des futurs armements (véhicules blindés, systèmes d’armes, systèmes d’information...) qui équiperont les groupements tactiques inter-armes (GTIA) de l’armée de terre à partir de 2016.

Nathalie Boyer

Le robot allemand Telemax (crédit : DR)

Le robot français Rec du PEA Miniroc (crédit : DR)

Wiesel Digital et Scip AMX10 (crédit : DR)


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