lundi 11 décembre 2017

Accueil du site > Défense > International > L’Egypte nie avoir un programme nucléaire secret d’armement

L’Egypte nie avoir un programme nucléaire secret d’armement

AFP

vendredi 7 janvier 2005, sélectionné par Spyworld

L’Egypte a vivement récusé jeudi les accusations selon lesquelles elle s’adonnerait secrètement à des expériences pour acquérir l’arme nucléaire.

Le ministre des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a affirmé à la presse que "ces informations n’avaient aucun fondement" et que "l’Egypte respecte le traité de non-profération nucléaire qu’elle a signée".

Mercredi à Vienne, siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), des sources diplomatiques non identifiées ont indiqué que l’AIEA menait depuis l’été dernier une enquête en Egypte sur des expériences nucléaires limitées qui pourraient être liées au développement d’armes nucléaires.

Ces expériences porteraient sur la fabrication de métal d’uranium, pouvant servir à du plutonium militaire, et la production de tétrafluorure d’uranium (UF4), une étape à l’enrichissement d’uranium, selon un diplomate.

Un autre diplomate a cependant assuré qu’il n’y avait pas eu de production d’uranium enrichi, lequel à des degrés divers peut servir soit à des fins civiles, soit à des fins militaires. "Ces expériences sont minimes et remontent dans l’histoire aux années 1950", a-t-il dit.

Ces accusations sont attribuées par l’Egypte à une campagne israélo-américaine contre la réélection du directeur général de l’AIEA, l’Egyptien Mohamed ElBaradei.

Pour l’agence de presse égyptienne Mena, ces accusations "entrent dans le cadre du refus des Etats-Unis d’une nouvelle candidature d’ElBaradei".

Cette hypothèse est partagée par Mohammed Abdel Moneim, Pdg de la revue Rose el-Youssef, pour qui "il s’agit d’informations de source américaine agitées de temps à autre et sont liées actuellement à la compétition pour le poste de directeur général de l’AIEA".

Le journal Al-Ahram soutient pour sa part qu’il s’agit de "fuites" d’origine israélienne.

Washington s’est déclaré opposé à la candidature de M. ElBaradei à un troisième mandat, affirmant que ce type de poste ne devait pas être occupé par la même personne plus de deux mandats consécutifs.

M. ElBaradei est l’unique candidat à sa propre succession mais ses chances d’obtenir la majorité des deux tiers en juin prochain sont quasiment nulles, ce qui nécessitera un autre tour de scrutin.

L’Egypte est signataire en 1983 et en 1996 des traités internationaux contre la prolifération nucléaire et la prolifération des armes de destruction massive, ainsi que de leurs protocoles additionnels.

Le président Hosni Moubarak avait indiqué dès 1988 qu’il ne "souhaitait pas entrer en compétition avec Israël en matière d’armement nucléaire".

L’Egypte est liée à l’AIEA par des accords d’inspection concernant un réacteur expérimental d’origine soviétique de 3 mégawatts et d’un autre d’origine argentine de 22 mégawatts, ainsi que de plusieurs laboratoires de production ou de recherche sur les combustibles.

Selon le Premier ministre Ahmed Nazif, la totalité des projets nucléaires relèvent de l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire dans des domaines civils : agriculture, dessalement de l’eau de mer, recherche de ressources hydrauliques, médecine. L’AIEA est associée à plusieurs projets, a-t-il dit.

Le 2 novembre, l’ambassadeur d’Egypte auprès de l’AIEA, Ramzeddine Ramzy, avait déjà démenti que l’Egypte avait un "programme nucléaire secret", ainsi que tout lien avec la Libye dans ce domaine.

A la fin des années 1980, sous la pression des Etats-Unis, l’Egypte avait dû mettre en veilleuse un ambitieux programme de production d’électricité nucléaire et de dessalement d’eau de mer, après l’accident de Tchernobyl, et renoncer à l’importation du Canada un réacteur de 600 mégawatts.


Envoyer : Newsletter Imprimer : Imprimer Format PDF : Enregistrer au format PDF PartagerPartager :