lundi 16 octobre 2017

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Carayon : « L’actionnaire de Gemplus va perdre 5 à 6 euros par action »

Propos recueillis par Yann Le Galès, le Figaro

vendredi 9 décembre 2005, sélectionné par Spyworld

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Bernard Carayon est député UMP du Tarn et auteur d’un rapport sur l’intelligence économique.

LE FIGARO. - Gemplus fusionne avec Axalto. Le gouvernement doit-il étudier avec une attention particulière ce mariage dans les cartes à puce et la sécurité numérique ?

Bernard CARAYON. - Il faut d’abord noter que dans cette opération, l’actionnaire de Gemplus perd 5 à 6 euros par action. Il faut ensuite se rappeler que c’est l’arrivée du fonds américain TPG dans Gemplus qui a convaincu le gouvernement de me confier une mission, il y a deux ans, sur l’intelligence économique. Je constate d’ailleurs que c’est Alex Mandl, ancien administrateur du fonds d’investissement de la CIA, In-Q-tel, qui sera président du nouvel ensemble. Ne soyons pas naïfs ! Nous allons avoir un double test : la Commission européenne va devoir examiner ce rapprochement au regard des règles de la concurrence et de la position dominante que crée cette opération. L’Etat va nous montrer si le discours de protection des secteurs stratégiques correspond à une réalité.

Dominique de Villepin vous a chargé d’une mission pour déterminer comment les entreprises françaises peuvent mieux s’adapter à la mondialisation, en anticipant la production de normes internationales. Vous devez remettre votre rapport le 31 mars. Où en sont vos réflexions ?

Après une quarantaine d’auditions, je mesure déjà nos carences collectives, par exemple la perte d’expertise de l’Etat dans certains secteurs économiques ou l’incapacité des entreprises d’un même métier à défendre des positions communes. Ce rapport sera l’occasion de quelques révélations, mais surtout de propositions simples.

L’Etat peut-il vraiment disposer d’armes efficaces pour agir face à la mondialisation ?

Les Etats-Unis le démontrent grâce à leur dispositif institutionnel, juridique et financier. Nous, Français, mettons beaucoup d’habileté à produire des réglementations qui étouffent les entreprises quand nos concurrents mettent leur ingéniosité à produire des normes juridiques ou techniques qui cassent leurs concurrents. Ne soyons ni naïfs ni paranoïaques face à la mondialisation !


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