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L’Iran a besoin de 18 mois pour la bombe A, selon des experts

Reuters

samedi 31 octobre 2009, sélectionné par Spyworld

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Les services de renseignement occidentaux et des diplomates estiment qu’il faudrait probablement au moins 18 mois à l’Iran pour fabriquer une bombe atomique si Téhéran choisit cette option.

Pendant des années, la CIA, le M16 britannique, le Mossad israélien, leurs homologues français et allemand et d’autres services d’espionnage ont souvent été en désaccord sur le temps qu’il pourrait encore falloir à l’Iran pour se doter éventuellement de l’arme nucléaire.

L’Iran assure vouloir réserver son programme nucléaire à des usages civils et accuse les services occidentaux de mentir lorsqu’ils suggèrent que l’Iran a des visées militaires.

Certains responsables de l’Agence internationale de l’Energie atomique ont mis en garde contre toute exagération à l’encontre de l’Iran, comme ce fut le cas avec l’Irak, dans les mois qui ont précédé l’intervention militaire américaine..

Plusieurs diplomates occidentaux ont néanmoins dit à Reuters que les principaux services de renseignement conviennent généralement qu’il faudrait au moins 18 mois à Téhéran pour fabriquer une bombe atomique, s’il décide de le faire.

Un diplomate occidental souligne qu’il s’agit du "scénario du pire", pas du plus probable. Un autre diplomate occidental a confirmé cette estimation, ajoutant qu’elle reposait sur l’hypothèse qu’il faudrait au moins six mois à Téhéran pour porter ses stocks d’uranium à un degré d’enrichissement permettant la fabrication d’armes et 12 mois supplémentaires pour fabriquer la bombe.

Le temps minimum nécessaire pour se doter de la bombe est essentiel parce qu’il représente le laps de temps dont disposent, pour parvenir à un accord, les six pays cherchant à convaincre l’Iran de suspendre son programme d’enrichissement de l’uranium.

OBSTACLES TECHNIQUES

L’Iran a jusqu’ici rejeté les offres d’incitations économiques et politiques avancées par les six - les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu plus l’Allemagne - en échange de la suspension de l’enrichissement.

Un plan en cours de discussion prévoit le transfert en Russie puis en France de la plus grande partie du stock iranien d’uranium faiblement enrichi pour le transformer en combustible destiné à un réacteur scientifique iranien. Cette option ajouterait 12 mois au temps nécessaire à la fabrication d’une bombe, mais l’Iran renâcle à envoyer son uranium à l’étranger.

Le directeur des renseignements nationaux américains a dit en février que l’Iran ne serait probablement pas capable de se doter de l’arme nucléaire avant 2013. Le chef du Mossad, Meir Dagan, s’est montré plus prudent en disant récemment que les Iraniens n’y parviendraient pas avant 2014.

Mais un responsable israélien lié au cabinet de sécurité de son pays a jugé "raisonnable" le laps de temps de 18 mois.

David Albright, ancien inspecteur en armement de l’Onu et directeur de l’Institut pour la Science et la Sécurité internationale, un centre de réflexion, juge l’estimation cohérente avec les informations dont il dispose.

ACTIVITÉS SECRÈTES

Les diplomates qui ont avancé l’estimation de 18 mois minimum reconnaissent qu’il y a beaucoup de choses concernant le programme nucléaire iranien que les services de renseignement et l’AIEA ne connaissent pas en raison du secret dont Téhéran a enveloppé ses activités. "Nous gardons tous en mémoire ce qui s’est passé en Irak. Il y a tant de choses que nous ne connaissons pas", dit un diplomate.

L’une des justifications de l’invasion de l’Irak par des forces emmenées par les Américains, en mars 2003, a été que le dirigeant irakien Saddam Hussein avait relancé un programme clandestin d’armement nucléaire. Ces allégations américaines et britanniques ont été démenties dans les faits, nulle trace de ce programme n’ayant été trouvée en Irak.

Des diplomates interrogés par Reuters ont jugé très possible que l’Iran possède, dissimulée quelque part, une autre usine non déclarée d’enrichissement de l’uranium similaire à celle de la région de Qom que les inspecteurs de l’AIEA ont visitée dimanche pour la première fois. L’existence du site de Qom a été révélée le mois dernier par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne.

Un responsable des renseignements a néanmoins dit à Reuters que même si l’Iran disposait d’une telle usine, elle ne serait probablement pas capable de produire de l’uranium enrichi en quantité importante et n’aurait dès lors qu’un impact réduit sur le laps de temps nécessaire à la fabrication d’une bombe.


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