lundi 16 octobre 2017

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Guerre froide : Le Canada dans la ligne de mire de la Stasi

Radio-Canada.ca, avec Presse canadienne

samedi 31 octobre 2009, sélectionné par Spyworld

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Des documents issus des archives allemandes révèlent que la Stasi, l’ancienne police secrète de la défunte Allemagne de l’Est, s’est grandement intéressée au Canada, rapporte la Presse canadienne.

Dans un article de recherche, Helmut Müller-Enbergs, qui oeuvre au sein de la Commission fédérale allemande pour les archives de la Stasi, affirme que ce ministère de la sécurité d’État a recueilli de très nombreuses données sur le Canada entre 1969 et 1989.

Il estime que la Stasi avait « indubitablement des connaissances approfondies des affaires intérieures et étrangères canadiennes »

Les quelque 1300 documents d’archives couvraient des sujets aussi variés que des secrets sur la technologie militaire, les noms d’employés du Service canadien du renseignement de sécurité, les relations avec les services secrets américains, le projet canadien d’exportation de réacteurs nucléaires, le rôle du Canada au sein de l’OTAN, un voyage du premier ministre Pierre Elliott-Trudeau en Amérique du Sud, la Convention du NPD de 1979 et même la fabrication du similicuir ou la soudure de cannes à pêche.

Pendant les huit ans qu’il aurait vraisemblablement passés au pays, entre 1981 et 1989, un agent dont le nom de code était Siegfried aurait notamment fourni des douzaines de documents susceptibles d’aider des espions est-allemands à entrer au Canada : permis de résidence et de travail, passeports, assurance-chômage, impôts sur le revenu, etc.

Si la grande majorité des renseignements provenaient du service d’espionnage est-allemand, le cinquième des documents a été fourni par ceux de ses partenaires, essentiellement l’URSS, suivie de la Bulgarie, de la Hongrie, de la Pologne et de la Tchécoslovaquie, mais également de la République fédérale d’Allemagne.

Selon un historien de l’Université de Waterloo, Gary Bruce, l’intérêt premier de la Stasi pour le Canada s’explique sans doute par le fait que le pays était considéré comme un point de transit devant permettre à ses espions de s’infiltrer aux États-Unis.

Les conclusions de M. Müller-Enbergs seront présentées à Ottawa samedi, lors du colloque international de l’Association canadienne pour les études de renseignement et de sécurité, quelques jours avant le 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin.


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